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« An », est un mot d’origine latine (annus), qui définit une période de révolution planétaire permanente. Elle s’étale du 1er janvier au 31 décembre.
Ainsi, pour faciliter la lecture de l’année, un élément de soutien a été créé sous l’appellation du mot « calendrier » dans lequel on retrouve schématisées les périodes, en guise de tableau qui composent l’an.
Seulement, à chaque calendrier, existe une répartition propre, toutefois, dans l’immense majorité des calendriers, on retrouve un élément commun qui est le nombre de jours composant la semaine. sinon l’échelonnement de périodes est une chronologie bien précise à un calendrier bien précis, dépendant de l’espace et de référence.
Dans cet aspect la division du temps est diversifiée, parmi tant d’autres divisions schématisées en tableau. Nous aborderons dans cet exposé le calendrier lunaire appelé aussi le calendrier hégirien ; le calendrier luni-solaire, appuyé par un 3ème mois pour coïncider les saisons. Les calendriers solaires qui sont fondés sur la révolution de la terre autour du soleil. Dans le calendrier solaire, nous citerons le calendrier julien institué sous le règne de Jules César, ensuite vers 1582, il y’a eu la naissance du calendrier grégorien, établi par le pape Grégoire XIII avec certaines améliorations. Ce calendrier grégorien, est le calendrier que la majorité des peuples contemporains suivent.
L’histoire d’un peuple ne se limite pas uniquement à son histoire évènementielle car chaque civilisation a, parmi ces composantes, des facteurs d’ordre économique.
En Numidie, l’activité du sédentaire rurale est orientée vers l’agriculture, mis à part certaines tribus dont l’activité essentielle est la bijouterie, la poterie ou l’activité maritime.
Cette activité agricole, cyclique en rapport surtout avec les éléments qui la composent et, le rythme des saisons et des jours était resté, dans certaines régions, réglé par le calendrier agricole. De ce fait, nous tirons une conclusion que l’activité du fellah relève plus du rite que du technique. A ce sujet, J. Servier écrit : « En Algérie... le calendrier est fixé par le fellah à l’aide des repères qu’il discerne facilement. » Donc le calendrier est basé sur la variation de la végétation. J. Servier continue : « un autre calendrier, issu des traditions astronomiques est savantes mises à la disposition des autochtones, à l’aide des dictons et des aphorismes, immuables même lorsque les révolutions stellaires sur lesquelles ils s’appuient ont varié. »
A une période précise que nous situerons à l’envahissement de la Numidie par les Arabes, les associations des lunes de ces anciens calendriers ont disparu au profit des associations des mois du calendrier arabe.
Donc, vu le lien très étroit subsistant entre le travail agricole et les autochtones, ces derniers ont trouvé un moyen idéal dans le calendrier arabe, et cela à partir du XIVme siècle. Donc les appellations données aux périodes sont devenues usuelles (nissan, smayem...) au dépens des anciennes appellations, mises à l’écart (furar, meghres).
Pour mieux argumenter cette translation de calendrier, chez les Amazighes nous parlerons de coincidence de dates.
Jusqu’au XIVème siècle, certaines régions amazighes, si ce n’est l’immense majorité, se référaient au calendrier julien, à l’envahissement de la Numidie par les Arabes au siècle sus cité, la rupture s’est annoncée. Le calendrier arabe s’est imprégné la place de vecteur aux dépens du calendrier julien.
Durant cette période le calendrier julien en l’occurrence a subi des changements, ainsi il céda la place au calendrier grégorien, cela se passa exactement en 1582. parmi les rénovations admises, le calendrier grégorien a possédé 13 jours en plus que le calendrier julien.
Ainsi la synchronisation évènementielle entre le changement subi par le calendrier solaire en 1582 et l’invasion de la Numidie par les Arabes au XIVème siècle, explique la différence des 13 jours entre le Jour de l’An fêté par centaines populations ayant comme référence le calendrier grégorien et d’autres populations, telles les Amazighes qui ont gardé le tableau chronologique du calendrier julien, qui a, comme on l’a cité, amputé de 13 jours.
En ce qui concerne les noms donnés aux mois, mis à part le nom janvier, appelé en tamazight yennayer - qui est une composition des deux mots « yan-ayour. Yan, qui veut dire (un ou premier) et (ayour (lune). Les autres appellations de mois sont des emprunts à d’autres langues.
Dans toute communauté instituée, des règles s’imprègnent en organisation, pour célébrer un événement. Les rites célébrés à l’occasion de l’avènement du premier Jour de l’An ont acquis une grande importance.
La célébration du premier Jour de l’An « Amenzu Yennayer », en région amazighe, obtint une notoriété au point où elle est qualifiée comme étant une solennité communautaire.
Chez les Amazighs, la célébration du Jour de l’An est marquée par deux rites : sacrifice propitiatoire et le souper de l’année « Imensi useggas. Cette tradition s’annonce comme objet à orienter une force occulte vers une action bien déterminée. A ce sujet, H. Genevois, dans son exposé Valeur et sang, écrit : « Soit pour l’acquisition ou la confession d’une chose de particulière que l’on entreprint pour inaugurer un travail, soit pour une nouvelle étape de sa vie. »
Sacrifice propitiatoire : C’est une cérémonie événementielle dans la famille qui a comme action de vénérer la force divine. Comme le démontre un proverbe amazigh : « Win yezlan rrich / demnegh-as lâich » (A qui égorge une bête à plume, je garantie sa substance).
Pourquoi une bête à plume ? D’après ce qui est raconté, l’immolation spécialement de la volaille est indiquée par le Tout puissant, suivant une légende. On comprend que Dieu, une fois, envoya du ciel à Sainte Marie un pigeon, pour apaiser sa faim, lors de sa retraite volontaire, pour échapper à la colère de ses frères. Cette légende a crée la tradition, que l’immolation doit être une volaille dont les vertus prophylactiques sont, particulièrement efficaces. Du moins c’est ce qui est pensé. Alors, le coq est choisi par la majorité des pratiquants des rites. Sinon, à défaut, on choisit le lapin.
Et, comme caractéristique marquant la famille kabyle (taârift), les membres composant la famille sont regroupés sous un même toit, car on peut constater jusqu’à quatre générations regroupées comme un bloc soudé ; De ce phénomène marquant, surgit l’incapacité de satisfaire par l’immolation d’un coq toute composante familiale, en cette circonstance une exception est promulguée par les Sages : « Certaines familles nombreuses... immolèrent une victime plus importante, spécialement un chevreau (aqelwach). » Le chevreau aussi, est une bête de possession de propriété prophylactique ; Cette pratique aussi, est appuyée par un asefrou : « Lwehche itekkes lwehche » (le féroce ôte la peur).
En ce qui concerne les démunis, qui vivent le manque, on prépare une soupe, conçues par des légumes secs appelés (uftiyen). Ce plat représente une valeur pour exorciser les influences malfaisantes. et rendre la cérémonie plus complète. A ce sujet un asefrou dit : « Chyadh itsqabal achayadh » (le rôti, affronte les maladies).
A cela s’ajoute la préparation des beignets (lesfendj, tihbal, lekhfaf) ou de crêpes (aheddour, tughrifin, achebbadh). Comme c’est remarqué, sur les appellations données aux plats, la différence existe en nom d’une région à une autre. Sinon le procédé en fabrication est similaire. Dans certaine région de Kabylie, à la préparation de Aheddour, on choisit une crêpe qu’on perce autant de fois qu’il y’a de mois. Une fois la crêpe est mise au feu, on attend d’où surgira la vapeur pour qualifier ce mois - auquel correspond le trou - de pluvieux. A Djemaa Saharidj, les beignets (lesfendj) sont réservés au lendemain, pour être consommé.
Le souper de l’année, est un signe qui fait appel à l’abondance alimentaire. Il est inconvenant pour une ou l’autre famille de montrer des signes d’aisance, tout le monde doit être sur le même pied d’égalité que son prochain.
Imensi useggas, est fondamentalement un repas de fête. On arrive même à fabriquer et à garder de côté une part, destinées spécialement aux filles mariées et à la leur porter. Comme il existe aussi dans d’autres endroits que la femme et l’homme se réunissent autour du même plat, une exception qui surgit uniquement au cours de Imensi useggas.
Le plat en cette occasion est le couscous arrosé de légumes secs et de viandes. Quelques fois, on destine une pensée à tout le monde, même aux absents ; on dispose des cuillères autour du plat, aux présents comme aux absents. Et le plat (aqdih) ne doit pas être ni vidé ni nettoyé jusqu’au lendemain. Ce geste relève du fait que tout le monde doit profiter jusqu’à la fourmi. Tandis que à Ighil Ali, on y consomme le couscous de peur de l’envahissement des réserves de grains par les insectes et les fourmis.
Pour caractériser l’ambiance, des rites de prophylaxie corporelle sont organisés. On applique sur les sourcils de genêt (timmi s tmetti n uzezzu). Ce rite est pratiqué pour renforcer la vue. Comme l’explique aussi E.Westermark dans son livre Survivances païennes dans la civilisation mahométane : « Quand approche la nuit, on fait un lion. Deux hommes ; placés l’un devant l’autre... Les jeunes gens cherchent un tellis dont ils revêtent et qu’ils fixent à l’aide de tresse d’alfa... alors l’individu, placé devant, se met à rugir dans un mortier qu’il tient à la main. La marmaille emmène le lion dans des maisons et dans les tentes... Les jeunes gens disent aux habitants : donnez-nous, pour le dîner du lion. On leur donne des figues sèches et des beignets. »
Sinon, à Khemis ; près de Tlemcen, comme a Djemaa Saharidj, où à Béjaia, le carnaval y trouve une place importante aussi. Des enfants se promènent dans les rues, en portant une tenue vestimentaire conçue spécialement en cette occasion, et un masque fabriqué à base de citrouille. Le chef du groupe est appelé Bou âfif, qui a valeur de père noël, muni d’un tambour frappe dessus en quémandant, et tout en répétant la phrase d’usage. Le ramassage des dons est l’affaire des enfants.
Il n’y a mieux, pour terminer cet article qu’un passage extrait du Fichier berbère, cité par H. Genevois : « Laisser un peu de nourriture dans le plat... désire-t-on ne pas briser le cours de l’abondance si bien commencée ? »
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