|
Pages: [1] 2
|
 |
|
|
Auteur
|
Fil de discussion: Bejaia, entre le passé et le rêve (Lu 850 fois)
|
Carlito
Invité
|
Je remarque à chaque fois qu'en lisant certains messages dans ce forum, que l'on se reproche de ne pas être suffisament cultivé, faute de moyens ( pas beaucoup de livres, etc ...). Entre nous, j'ai remarqué que nous n'avons pas à rougir avec notre niveau de connaissance devant quiconque, sauf peut être ce qui caractérise notre culture est le fait quelle soit plutôt orale et pas véhiculée par des moyens médiatiques ( qui sont à l'air du temps) ... Donc arrêtons de nous appitoyer sur notre sort ... les jeunes on est, vous êtes capables ... alors enrichissons les colonnes de ce site par des écrits, des contributions, aussi petites soient elles, l'originalité c'est que ça provient de nous, une génération qui vit son temps ...
|
|
|
|
« Dernière édition: 01 Janvier 1970 à 01:00:00 par Carlito »
|
Journalisée
|
|
|
|
Illis n'tmourth
Invité
|
Salut Carlito Le manque de moyens oblige nos jeunes à être plus créatifs. Ils n'ont rien à envier aux autres jeunes des pays riches.Et pour ce qui est de la culture,je pense que, ce n'est pas parce qu'on a pas lu le dernier livre en vogue qu'on a pas de culture.C'est un plaisir pour moi d'écouter nos jeunes discuter de tout et de rien.Ils peuvent aborder n'importe quel sujet avec une aisance extraordinaire. Vive nos jeunes.
|
|
|
|
« Dernière édition: 01 Janvier 1970 à 01:00:00 par Illis n'tmourth »
|
Journalisée
|
|
|
|
youyou
Invité
|
@Carlito chacun a ses propres capacites, tout le monde n'est pas Baudelaire mon cher ami. Et on apprend chaque jours.
|
|
|
|
« Dernière édition: 01 Janvier 1970 à 01:00:00 par youyou »
|
Journalisée
|
|
|
|
Carlito
Invité
|
À ce que je sache, les romans se vendent à 15 DA en Algérie ... il y'a de la culture à la tonne, pour des prix dérisoires, mais là n'est peut être pas la question. Est-je tort ?
|
|
|
|
« Dernière édition: 01 Janvier 1970 à 01:00:00 par Carlito »
|
Journalisée
|
|
|
|
badadi
Invité
|
où sont les romans à 15 da?
|
|
|
|
« Dernière édition: 01 Janvier 1970 à 01:00:00 par badadi »
|
Journalisée
|
|
|
|
Illef de Bgayet
Invité
|
Salut à tous, Peut être que Carlito nous parle, d'un temps que ceux de vingt ans ne peuvent connaître,  (je suis en forme  ). Je pense que le faite de lire n'est pas si répondu que ça même si on consomme pas mal de journaux. A l'école on n’incite pas non plus nos jeunes à lire. C'est une des raisons. Mais je rejoins Illis n’tmurth, la culture ne se résume pas à la littérature. Illef de Bgayet
|
|
|
|
« Dernière édition: 01 Janvier 1970 à 01:00:00 par Illef de Bgayet »
|
Journalisée
|
|
|
|
Carlito
Invité
|
Reconnaissant enfin qu'on a une culture plus qu'orale qu'autre chose. On n'écrit pas, parcequ'on n'a pas appris à le faire et on grandi avec. On ne lit pas, et nous cédons la place à toutes les croyances qui sont le plus communément admises. À titre d'exemple, Devant toute une communauté de berbéres établie en france, il a fallu qu'un sieur d'origine berbére pour que le site kabyle.com voit le jour. Il aura fallu que M. Yves Courière puise de ses notes, pour enfin nous reconstituer la guerre d'algérie ( notre propre révolution) et j'en passe pour les exemples ...
|
|
|
|
« Dernière édition: 01 Janvier 1970 à 01:00:00 par Carlito »
|
Journalisée
|
|
|
|
Illef de Bgayet
Invité
|
Salut à tous,
Yes man, notre culture est orale mais elle est tout sauf pauvre ou à plaindre. Au contraire, qq a dit que dans le berbère il y'avait une force, une capacité à ingurgiter toute forme de culture et la faire sienne. Combien de civilisations ont voulu l'anéantir, elle est toujours la, toujours vivace. Pour ce qui concerne le Kabyle, un intellectuel Kabyle de nom de Mohand Saïd Lechani (Voir article dans revue de presse) a dit :" Le vocabulaire kabyle est suffisamment riche pour permettre l’expression de la pensée et des sentiments avec nuance et précision. Il faut entendre les vieux montagnards de chez-nous, ceux en particulier qui ne se son jamais expatriés ou qui s’absentent rarement du pays - pour se rendre compte de la richesse de notre langue, de son élégance remarquable, de la souplesse de sa syntaxe, de la variété de ses formes, de la sagesse et de la poésie de ses expressions. Mais seule une langue pratique et un usage constant permettent d’en saisir les finesses et le génie, d’en goûter l’esprit. Ceux qui n’ont pas suivi les réunions de djemaâ, qui n’ont pas souvent assisté aux rencontres où se règlent les différends, aux conciliabules où se tranchent les affaires de famille, d’intérêt ou d’honneur, ne peuvent se faire une idée de la qualité des ressources verbales qu’elle met à la disposition des hommes qui participent aux discussions. Les séances de cette matière où s’affrontent des orateurs de classe maître de leur langue et de leur pensée, constituent un véritable régal qui charme et contente l’oreille”. Je conclurai par cette phrase : combien de personnes instruites à l'école mais sans savoir réel ni civisme et combien de personnes qui n'ont jamais foulées les bancs d'une école mais qui possèdent une intelligence remarquable voir une sagesse!
|
|
|
|
« Dernière édition: 01 Janvier 1970 à 01:00:00 par Illef de Bgayet »
|
Journalisée
|
|
|
|
Illis n'tmourth
Invité
|
Salut tout le monde D'après le petit larousse, la culture est un ensemble des usages, des coutumes, des manifestations artistiques, religieuses, intellectuelles qui définissent et distinguent un groupe, une société. Je vous donne un petit exemple: Ma belle mère raconte une histoire à ses petits enfants chaque soir avant de dormir (Histoires transmises de mère en fille ). À chaque fois je me dis que c'est pour les enfants et à chaque fois toute la famille se retrouve autour de la belle mère pour écouter la fin de l'histoire.Elle a un vocabulaire tellement riche et elle raconte rarement la même histoire qu'elle peut défier le meilleur des acteurs à faire comme elle. Je pense que si notre culture a réussi à survivre jusqu'à aujourd'hui c'est qu'elle a des bases solides et c'est à la nouvelle génération de faire en sorte qu'elle soit écrite et étudiée. Et puis ma mère disait toujours des gens instruits et qui ne sont pas cultivés: *ass thinit iqra g'luniversité n'chlata* Même une vieille a compris qu'étude ne signifie pas forcément culture.
|
|
|
|
« Dernière édition: 01 Janvier 1970 à 01:00:00 par Illis n'tmourth »
|
Journalisée
|
|
|
|
beli
Invité
|
Il est vrai que depuis ma plus tendre enfance durant laquelle tous mes étés correspondaient à "Bgayet" il est vrai que j'ai tres peu souvent (voir jamais) vu nos kabyles lire , se documenter ou meme ecrire.... mais ils parlent beaucoup Et ce nest pas sans interet tout ce que j'ai appris sur nos ancetres, notre culture et nos traditions sortaient de la bouche des compatriotes, que ce soient nos jeunes cousins qui nous expriment leurs sentiments u les personnes agees(n ayant jamais pris un stylo dans leurs mains) qui m'ont raconte les histoires comme aucun livre ne l'a fait peut etre (guerre, traditions, legendes...) C'est l'histoire qui fait la culture, pas la modernisation
|
|
|
|
« Dernière édition: 01 Janvier 1970 à 01:00:00 par beli »
|
Journalisée
|
|
|
|
Amaynout
Invité
|
| Citation : | | De Illis n'tmourth : *ass thinit iqra g'luniversité n'chlata* |
. Mes études, je ne les ai pas faites à l'université de Chelata, je n'ai pas eu pour maître Ben Ali Chérif, ni fréquenté sa zaouia de Laâzib. Mais j'ai été instruit par l'école de la vie, et j'ai eu la chance d'avoir été l'élève de Mouloud Mammeri : "ddu d umusnaw ad tmegred di tmusni-s" (va avec le sage tu récolteras sa sagesse), dit le vieil adage kabyle. | Citation : | | Il faut reconnaître que nos ancêtres ont fait un travail de mémoire colossal pour nous transmettre ce que nous savons de notre culture aujourd'hui. |
. Même si les Berbères possédaient la première (ou l'une des premières écriture alphabétique) du monde, le libyque devenu le tifinagh des Touaregs, leur langue demeure orale. En effet, le libyque et plus tard le tifinagh, est consacré seulement pour graver sur les parois rocheuses de courts messages pour dire le déplacement du troupeaux, ou utilisée par les "igouramen" (pl. de "Agweram", prêtres) pour écrire amulettes et autres talismans. L'écriture berbère n'a jamais produit de littérature. La littérature des Berbères est seulement orale. Leur langue est une langue de l'entre-soi, pour briller sur les bancs de l'"agraw" (l'agora des Grecs, l'assemblée) pour les hommes, ou en allant puiser de l'eau à la fontaine "tala" pour les femmes. Quand il s'agit de communiquer avec l'extérieurs, les anciens Berbères ont toujours utilisé la langue de l'autre : - Magon a écrit en punique son encyclopédie agronomique en 28 volumes; - Apulée, imaginé son "Âne d'or" en latin, de même pour Tertullien, Cyprien ou Augustin produit leurs théologie en latin. - Mohammed El Djerroumi, ce Berbère de Marakech, a inventé la grammaire arabe en arabe; - Ibn Khaldoun a écrit son "Histoire des Berbères" non pas en berbère mais en arabe. - Plus proches de nous, Feraoun, les Amrouche, Mammeri, Djaout, Mimouni, Kateb,... ont produit leur romans en français. | Citation : | | Je pense que si notre culture a réussi à survivre jusqu'à aujourd'hui c'est qu'elle a des bases solides et c'est à la nouvelle génération de faire en sorte qu'elle soit écrite et étudiée. |
Tant que notre culture n'était pas concurrencée, elle pouvait encore survivre. La Kabylie était protégée au nord par le mer et au sur par les contreforts du Djurdjura. Seuls les hommes sortaient pour apporter un complément à l'économie domestique. Les femmes, gardiennes du foyer et de la tradition pérennisaient une langue et une culture séculaires. Aujourd'hui, votre belle-mère, est concurrencée par le petit écran, par l'école et le livre. La femmes, à l'égal de l'homme, sort, va souvent vers un ailleurs lointain Nécessité de la vie ? Promotion et emploi nouveau ? Appât du gain ? Poursuite des études ? Recherche du pittoresque ? La mal vie au pays ? Appel du destion ou du sort ? Malédiction ?... On peut multiplier à l'infini les raisons qui poussent les hommes et les femmes à quitter le pays pour un ailleurs sublimé. Mais on même temps on court le risque de perdre ce qui fait notre identité, ce qui fait que nous sommes nous. Un enfant, au bout de la troisième génération d"émigration (qu'elle soit extérieure ou intérieure) ne parle plus la langue de ses pères et mères et ne pratique plus que la langue du pays d'accueil. Il se souviendra peut-être que ses arrières parents ont émigré de Kabylie. Il lira les contes kabyles dans les livres. C'est tout. Même si aujourd'hui, il existe une littérature berbère écrite, tous ses promoteurs ont fait faillite faute de lecteurs. Autrefois, quand il y avait encore un militantisme culturaliste berbère, même les analphabètes achetaient des livres pour se les faire lire. Au jour d'aujourd'hui, pourtant il le fait avec les deniers de l'Etat, le Haut comité à l'Amazighéité, cherche à offrir gratuitement ses publications et ne trouve pas le lecteur. Amitiés
|
|
|
|
« Dernière édition: 01 Janvier 1970 à 01:00:00 par Amaynout »
|
Journalisée
|
|
|
|
Amaynout
Invité
|
| Citation : | | De Nadjat : "C'est l'histoire qui fait la culture, pas la modernisation". |
Si la culture est l'ensemble des données acquises et transmises à l'intérieur d'un groupe social donné, l'histoire fait partie de la culture, et la modernisation aussi. En tant qu'ensemble des connaissances acquises, la culture permet de développer le sens critique, le goût, le jugement... En lui accordant cette valeur, la culture peut changer le sens de l'histoire, lui apporter la modernité en tant que vision actuelle des choses. La civilisation matérielle, que Nadjat désigne par modernisation, fait partie de la culture. On ne peut en effet se réclamer de la culture, phénomène dynamique, et rester à l'ére de l'homme de Mechta el Arbi. L'homme d'aujourd'hui a élargi sa culture jusqu'à maîtriser la culture de l'électricité et du gaz pour se chauffer, cuisiner et conserver sa nourriture et dépasser l'âge lithique. Ceci, n'empêche pas que nous sommes héritiers d'une culture qui fait notre originalité, notre personnalité, notre identité. Cette culture ne peut, au risque de dépérir, rester statique et de devenir esprit sans culture, elle a besoin d'être fécondée, l'enrichie, et par là même, nous enrichissons et nous fécondons notre esprit grâce aux élément fournis par la culture et qui sont je le répète : le sens critique, le goût, le jugement. | Citation : | | de Carlito : "Le manque de moyens oblige nos jeunes à être plus créatifs. Ils n'ont rien à envier aux autres jeunes des pays riches.Et pour ce qui est de la culture,je pense que, ce n'est pas parce qu'on a pas lu le dernier livre en vogue qu'on a pas de culture.C'est un plaisir pour moi d'écouter nos jeunes discuter de tout et de rien.Ils peuvent aborder n'importe quel sujet avec une aisance extraordinaire." |
Ce ne sont pas les moyens matériels qui créent la culture, mais la culture qui créé les moyens. C'est dans l'imaginaire que se fait la création. Ce qui est en vogue, n'est qu'une mode qui passe. La culture c'est ce qui est vivant et qui reste en deçà et en-delà les hommes. Un homme de culture disait : "La culture c'est ce qui reste quand on a tout perdu." J'ai acquis de hautes distinctions de la connaissance dans les sciences humaines, je maîtrise parfaitement les langues berbères tant dans leur sémantique, leur morphologie, leur syntaxe, engager une discussion dans n'importe des parlers bérbères, mais je suis incapable de le parler de façon continue : il me manque la permanence et la pratique au quotidien. Nos jeunes font plaisir à entendre, je me ressource auprès d'eux, je ne me rassasie pas de les écouter, parce qu'ils ont une pratique dynamique de la langue, pratique que j'ai perdue. Je pratique plus le français dans ses moindres recoins pour traiter de choses bérbères. Quand je parle berbère, je pense d'abord en français et je traduis ma "pensée française" en berbère. Ce qui ne m'empêche pas d'intervenir, en apportant cette vision extérieure, dans le dialogue interessant la culture bérbère. Amitiés.
|
|
|
|
« Dernière édition: 01 Janvier 1970 à 01:00:00 par Amaynout »
|
Journalisée
|
|
|
|
Amaynout
Invité
|
1ère PARTIE | Citation : | de Illef n Bgayet : Pour ce qui concerne le Kabyle, un intellectuel Kabyle de nom de Mohand Saïd Lechani (Voir article dans revue de presse) a dit : " Le vocabulaire kabyle est suffisamment riche pour permettre l’expression de la pensée et des sentiments avec nuance et précision. Il faut entendre les vieux montagnards de chez-nous, ceux en particulier qui ne se son jamais expatriés ou qui s’absentent rarement du pays - pour se rendre compte de la richesse de notre langue, de son élégance remarquable, de la souplesse de sa syntaxe, de la variété de ses formes, de la sagesse et de la poésie de ses expressions. Mais seule une langue pratique et un usage constant permettent d’en saisir les finesses et le génie, d’en goûter l’esprit. Ceux qui n’ont pas suivi les réunions de djemaâ, qui n’ont pas souvent assisté aux rencontres où se règlent les différends, aux conciliabules où se tranchent les affaires de famille, d’intérêt ou d’honneur, ne peuvent se faire une idée de la qualité des ressources verbales qu’elle met à la disposition des hommes qui participent aux discussions. Les séances de cette matière où s’affrontent des orateurs de classe maître de leur langue et de leur pensée, constituent un véritable régal qui charme et contente l’oreille”. |
Merci Illef de me rappeler le souvenir ce bon M.-S. Lechani. Je l'ai connu grâce à Mr Mouloud Mammeri qui m'y a présenté, ainsi qu'à d'autres anciens instituteurs (dont Mr Tahrat). Tous, ont collaboré avec "La Voix des Humbles", le mensuel des instituteurs indigènes d'Algérie, qui défendait l'école indigène avec ses particularités (histoire et géographie de l'Afrique du Nord [on ne disait pas Maghreb à l'époque], lectures propres avec la réalités vécue par les élèves indigènes. Mr Lechani, originaire de Fort National (l'actuelle Larba n'Ath Iraten) était entré très tôt en politique, il était membre de la Délégation financière, qui votait à l'époque de la colonisation le budget de l'Algérie. Plus tard, il était élu à l'Assemblée algérienne jusqu'en 1955, date à laquelle les élus musulmans avaient démissionné de leur(s) mandat(s), sur la demande de Abane Ramdane, pour montrer leur engagement au FLN de guerre. Durant ses mandats, Mr M.-S. Lechani défendait et favorisait l'école, seul instrument pouvant permettre de pénétrer de plain pieds dans le XXe siècle. Quand je les ai connus, ils se retrouvaient chez l'un ou chez l'autre, amenant chacun sous le bras une publication. Ils se faisaient un compte rendu de lecture et ensuite, commentaient le texte à la manière de l'Ecole Normale d'Instituteurs de la Bouzaréah. Ils se retrouvaient ainsi chaque jour à Hydra (car ils habitaient tous les quatre cette banlieue des hauteurs d'Alger), jusqu'au jour où Mr M.-S. Lechani proposa de rendre leurs réunions plus fructueuses : laisser des traces aux générations futures. Après un tour de table, ils décidèrent de confectionner un dictionnaire kabyle. FIN DE LA PREMIERE PARTIE
|
|
|
|
« Dernière édition: 01 Janvier 1970 à 01:00:00 par Amaynout »
|
Journalisée
|
|
|
|
Amaynout
Invité
|
2e PARTIE
Ils (les quatres vieux instituteurs) ont commencé par fixer les thèmes (la maison, la vie quotidienne, la cuisine, le costume, l'agriculture, la naissance, le mariage, la mort... ) à travers tout ce qui concernait la vie kabyle relevée dans leurs souvenirs. Ils ont ainsi dessiné sur un cahier d'écolier la maison kabyle et ses dépendances aussi bien de face que de coupe, nommé chacun des éléments qui la constituaient. Tout le vocabulaire reconstruit était retranscrit chacun dans une fiche
Les mots ainsi reportés individuellement sur une fiche classée par ordre alphabétique, comportaient leur description (nom, verbe, adjectif, particule). Les verbes étaient conjugués à tous les modes, à tous les temps et à toutes les formes. Les noms désignés au singulier, on leur donnait leur forme plurielle, leur emploi en état libre ou en état d'annexion. Il était ensuite donné l'emploi des mots dans une phrase recueillie dans la littérature (seulement orale à l'époque), les différents sens dans chacune des phrases citées...
Ils avaient constitué un fichier de quelques 1500 termes environ. Combien de fois l'avais-je consulté pour mes travaux.
Mr M.-S. Lechani a commencé à constituer un premier livre d'apprentissage de la langue kabyle, en prenant pour exemple les livres de français : un texte, son étude avec les recherches des mots, leur analyse logique et leur analyse gramaticale, des citations, des analogies, des exercices...
Pour les textes, Mr M.-S. Lechani a commencé à consigner, dans un grand registre, ses souvenirs d'enfants, dont la mort de sa grand-mère maternelle qu'il appelait "Yemma aâzuzu"; de la circoncision, il s'agissait de la sienne; du mariage, il s'agissait du sien...
Que sont devenus ces documents ? je ne sais. J'étais en décembre 1975 obligé de quitter l'Algérie et l'Institut qui m'employait. Ces quatre instituteurs se sont suivi dans la mort qui les fauchés l'un après l'autre.
Quand je me les rappelle, j'ai toujours une tendresse envers eux, et mes yeux s'humidifient de perles d'argent. Merci Illef de m'avoir rendu leur souvenir, en moi, ils sont toujours vivants, comme est vivant le maître qui m'a enseigné, Mouloud Mammeri. "Ghas djanagh, djanagh-d", même s'ils nous ont laissés, ils nous ont légué.
Amitiés.
FIN DE LA 2e ET DERNIERE PARTIE
|
|
|
|
« Dernière édition: 01 Janvier 1970 à 01:00:00 par Amaynout »
|
Journalisée
|
|
|
|
georges
Invité
|
bonjour a tous jesuis francais ,mais votre culture me facine chez nous ,les médias sont partous portable,ordi,presse etc....maisvous avezune chose que nous avons perdu depuis longtenps la communication entre vous rien n'est plus beau que de transmetre de vive voix entre géneration chez nous plus personne ne se parle 
|
|
|
|
« Dernière édition: 01 Janvier 1970 à 01:00:00 par georges »
|
Journalisée
|
|
|
|
|
|
Pages: [1] 2
|
|
|
 |