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Auteur Fil de discussion: [Béjaia] Feux de Forets  (Lu 563 fois)
Rastacool
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[Béjaia] Feux de Forets
« le: 29 Août 2007 à 22:23:59 »

Bougie brule mes amis .... Choqué Choqué Choqué Choqué Choqué








Photos : Bgayet.net


Béjaïa
34 hectares de forêts ravagés en deux jours

Plusieurs départs de feux ont été enregistrés à travers plusieurs communes de la wilaya de Béjaïa, c’est ce qu’a annoncé la Direction des conservations des forêts de la wilaya, pour les journées d’hier et d’avant-hier. Les flammes déclarées dans les communes d’Akfadou, El Kseur, Tifra, Fenaïa ont pu, en l’espace de 48 heures, venir à bout de 34 hectares de forêts.
Dans la matinée de la journée d’hier, 15 départs d’incendies enregistrés ont pu être maîtrisés et Fenaïa était toujours la proie des flammes ravageuses.
A signaler que ces derniers hectares ravagés s’ajoutent aux 504 ha de superficie dévastés depuis le début de la saison estivale.
La Direction des forêts de la wilaya, qui reconnait avoir était soutenue par la population et les éléments de la Protection civile, craint que la situation ne s’aggrave dans les mois à venir.
DDK
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Rastacool
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Re : [Béjaia] Feux de Forets
« Répondre #1 le: 30 Août 2007 à 11:24:41 »

6 foyers d’incendie déclarés simultanément hier
Béjaïa cernée par les flammes


Cernée de toutes parts par les incendies, la ville de Béjaïa a vécu hier une journée particulièrement éprouvante en raison de la canicule et des nombreux incendies qui se sont déclarés dans sa périphérie immédiate et dans les nombreuses montagnes qui l’entourent.


Béjaïa. De notre bureau

En effet, pas moins de 16 foyers d’incendies se sont déclarés presque simultanément hier. Au total, près d’une quarantaine d’incendies ont été enregistrés ces deux derniers jours à travers la wilaya de Béjaïa, d’est en ouest, du nord au sud. Une vingtaine de ces feux ont été jugés « importants » par les éléments de la Protection civile qui se sont retrouvés à combattre, sur plusieurs fronts, des flammes attisées par un vent particulièrement chaud et violent. Melbou, Djebel L’hit, Oued Afalou, Djebira, Iryahen, Imezzayen, Sidi Boudrahem, Boulimat, Boukhelifa, Tichy, Oued Ghir, El Kseur, Semaoun, Aït Smaïl, Ilmathen, Mahfoudha, Beni Ksila, Adekar et Bourbaâtache sont quelques-unes des localités qui ont vu leurs champs et leurs forêts partir en fumée. Des feux se sont déclarés dans la banlieue de la ville de Béjaïa, à Iryahen, non loin de l’aéroport, et à Ihaddaden Oufella. Une grande partie de la forêt des Mezaïa, qui surplombe la ville de Béjaïa côté ouest, a brûlé, à l’instar de Boukhiyam, Bouiche et Ighil Bouzelmat. Plusieurs familles réfugiées chez elles se sont retrouvées cernées par les flammes. La ville de Tichy, la commune de Boukhelifa ainsi que la montagne des Ath Bimoun ont également été sérieusement touchées par de nombreux sinistres. La célèbre station balnéaire a vu une grande partie de cette ceinture verte partir en fumée. A Taourirt Larbâa, un village situé non loin de Oued Ghir, des citoyens ont abandonné leurs foyers devant l’avancée menaçante des flammes. Les pompiers ont fourni des efforts surhumains pour venir à bout des incendies et surtout protéger gens et habitations. Fort heureusement, aucune victime n’est à déplorer, selon des citoyens joints par téléphone, mais de beaucoup de maisons ont été dévorées par les flammes. Dans la commune de Kendira, l’incendie de Bourachid qui a dévoré près de 200 ha d’essences forestières et d’arbres fruitiers a nécessité plus de 35 heures d’opérations pour arriver à le circonscrire. La canicule qui sévit depuis le début de la semaine faisant monter le mercure à des pics rarement atteints et la négligence humaine ont été les facteurs déclenchants de ces départs de feu qui ont touché la plupart des 52 communes que compte la wilaya. Pour rappel, la forêt et le maquis couvrent 122 500 ha des 322 348 ha qui constituent la superficie globale de cette wilaya montagneuse. La journée d’hier a été terriblement éprouvante pour les soldats du feu dont les différentes unités, appuyées par la colonne mobile de lutte contre les incendies, se sont déployées sur le terrain. Le chef-lieu de wilaya n’a pas été épargné par cette situation infernale. Poussées par les vents dominants, les colonnes de fumée ont fini par obscurcir le ciel rougeoyant de la capitale des Hammadites, rendant l’air irrespirable. D’ailleurs, en fin d’après-midi, les rues étaient devenues désertes et la circulation s’était considérablement raréfiée, alors qu’une pluie de cendres s’abattait sur certains quartiers de la ville, rendant l’atmosphère insupportable pour les personnes âgées et les asthmatiques. Fuyant la chaleur et les incendies, les Béjaouis ont pris d’assaut les plages bondées. Cependant, malgré la situation exceptionnelle que vivait hier Béjaïa, vu l’ampleur et le nombre des incendies, les autorités locales n’ont pas jugé utile de créer une cellule de crise ni de déclencher le plan Orsec. Seul le CCO (centre de coordination des opérations) de la Protection civile coordonnait le travail des unités d’intervention sur le terrain, aidées, il est vrai, par les autorités locales, des volontaires, les éléments de la conservation des forêts et les citoyens. Selon le capitaine Soufi, de la direction de la Protection civile de Béjaïa, que nous avons joint par téléphone, il est fait état, en toute fin de journée, de 16 incendies, dont 13 n’ont toujours pas été maîtrisés, et de plus de 400 ha de forêts, de maquis et de broussailles brûlés.

Djamel Alilat
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jojo
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Re : [Béjaia] Feux de Forets
« Répondre #2 le: 30 Août 2007 à 16:00:14 »

Hélas, et c'est dommage !! Ce que je comprends pas c'est pourquoi les autorités ne prennent pas leurs dispositions à l'avance!! Ils savent bien que cela se reproduit pratiquement chaque année, je me souviens encore des feux de foret de gouraya dans les années 80 et 90 quand j'étais laba, c'était catastrophique, et chaque année c'est la même chose. Enfin... espérons que les choses vont changer, car il suffit d'un rien.
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I YUGHEN IRGAZEN UR TRUN.
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Re : [Béjaia] Feux de Forets
« Répondre #3 le: 30 Août 2007 à 19:52:42 »

les feux de forets sont un vrai fleau, dans les années 80, il y avait un reseau de surveillance des feux de foret, mis en place par les eaux et forets (points de vigie aux endrois strategiques, en liaison radio permanente avec  un centre de coordination), et survol regulier de de toute la wilaya par un avion de surveillance, ce qui permettait de detecter tres rapidement tout depart de feux , et donc de le maitriser rapidement. est ce que ce systeme existe toujours??en tout cas il etait tres efficace.
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un bougiote en bretagne
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Re : [Béjaia] Feux de Forets
« Répondre #4 le: 30 Août 2007 à 20:47:13 »

C'est halucinant  !!!
Ca fait vraiment peur !!!
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Ma ulac Tamazight, ulac ulac ulac...
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Re : [Béjaia] Feux de Forets
« Répondre #5 le: 30 Août 2007 à 23:24:13 »

ça fait vraiment flipper d'entendre parler de ça a la télé et dans les journaux surtout avec ce qui se passe en grèce ,
mais d'après ma famille les départs de feux ont eu lieu en même temps tout le long de la ligne de crête sur les babors , alors acte criminel ou caprices de la nature Huh?
pendant les années 90 il eut plein de départs de feux qui étaient voulus à cause de la situation sécuritaire mais la franchement c'est du gâchis ( avant aussi sic ).
aghister rebbi enchallah
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"izriw yeghleb lehmali"
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Re : [Béjaia] Feux de Forets
« Répondre #6 le: 31 Août 2007 à 16:07:03 »

voici un texte sur le quel je suis tombé écrit par guy de maupassant

bonne lecture , vous comprendrez que ces incendies ont toujours rythmé la vie de la région

J'allais vers la mer, en suivant la longue vallée qui conduit de Beni-Mansour à Bougie. Devant nous, au loin, un nuage épais et singulier fermait l'horizon. Sur nos têtes le ciel était de ce bleu laiteux, qu'il prend l'été, dans ces chaudes contrées; mais, là-bas, une nuée brune à reflets jaunes, qui ne semblait être ni un orage, ni un brouillard, ni une de ces épaisses tempêtes de sable qui passent avec la furie d'un ouragan, ensevelissait dans son ombre grise le pays entier. Cette nuée opaque, lourde, presque noire à son pied et plus légère dans les hauteurs du ciel, barrait, comme un mur, la large vallée. Puis, on crut tout à coup sentir dans l'air immobile une vague odeur de bois brûlé. Mais quel incendie géant aurait pu produire cette montagne de fumée? C'était de la fumée en effet.

Toutes les forêts kabyles avaient pris feu. Bientôt on entra dans ces demi-ténèbres suffocantes. on ne voyait plus rien à cent mètres devant soi. Les chevaux soufflaient fortement. Le soir semblait venu; et une brise insensible, une de ces brises lentes qui remuent à peine les feuilles, poussait vers la mer cette nuit flottante. On attendit deux heures dans un village pour avoir des nouvelles: puis notre petite voiture se remit en route, alors que la vraie nuit s'était, à son tour, étendue sur la terre. Une lueur confuse, lointaine encore, éclairait le ciel comme un météore. Elle grandissait, grandissait, se dressait devant l'horizon, plutôt sanglante que brillante. Mais soudain, à un brusque détour de la vallée, je me crus en face d'une ville immense, illuminée. C'était une montagne entière, brûlée déjà, avec toutes les broussailles refroidies, tandis que les troncs des chênes et des oliviers restaient incandescents, charbons énormes, debout par milliers, ne fumant déjà plus, mais pareils à des foules de lumières colossales, alignées ou éparses, figurant des boulevards démesurés, des places, des rues tortueuses, le hasard, l'emmêlement ou l'ordre qu'on remarque quand on voit de loin une cité éclairée dans la nuit. A mesure qu'on allait, on se rapprochait du grand foyer, et la clarté devenait éclatante. Pendant cette seule journée la flamme avait parcouru vingt kilomètres de bois.

Quand je découvris la ligne embrasée, je demeurai épouvanté et ravi devant le plus terrible et le plus saisissant spectacle que j'aie encore vu. L'incendie, comme un flot, marchait sur une largeur incalculable. Il rasait le pays, avançait sans cesse, et très vite. Les broussailles flambaient, s'éteignaient. Pareils à des torches, les grands arbres brûlaient lentement, agitant de hauts panaches de feu, tandis que la courte flamme des taillis galopait en avant. Toute la nuit nous avons suivi le monstrueux brasier. Au jour levant nous atteignions la mer.

Enfermé par une ceinture de montagnes bizarres, aux crêtes dentelées, étranges et charmantes, aux flancs boisés, le golfe de Bougie, bleu d'un bleu crémeux et clair cependant, d'une incroyable transparence, s'arrondit sous le ciel d'azur, d'un azur immuable qu'on dirait figé. Au bout de la côte, à gauche, sur la pente rapide du mont, dans une nappe de verdure, la ville dégringole vers la mer comme un ruisseau de maisons blanches. Elle donne, quand on y pénètre, l'impression d'une de ces mignonnes et invraisemblables cités d'opéra dont on rêve parfois en des hallucinations de pays invraisemblables. Elle a des maisons mauresques, des maisons françaises et des ruines partout, de ces ruines qu'on voit au premier plan des décors, en face d'un palais de carton. En arrivant, debout près de la mer, sur le quai où abordent les transatlantiques, où sont attachés ces bateaux pêcheurs de là-bas, dont la voile a l'air d'une aile, au milieu d'un vrai paysage de féerie, on rencontre un débris si magnifique qu'il ne semble pas naturel. C'est la vieille porte Sarrasine, envahie de lierre. Et dans les bois montueux autour de la cité, partout des ruines, des pans de murailles romaines, des morceaux de monuments sarrasins, des restes de constructions arabes.

Le jour s'écoula, tranquille et brûlant, puis la nuit vint. Alors on eut tout autour du golfe une vision surprenante A mesure que les ombres s'épaississaient, une autre lueur que celle du jour envahissait l'horizon. L'incendie, comme une armée assiégeante, enfermait la ville, se resserrait autour d'elle. Des foyers nouveaux, allumés par les Kabyles, apparaissaient coup sur coup, reflétés merveilleusement dans les eaux calmes du vaste bassin qu'entouraient les côtes embrasées. Le feu, tantôt avait l'air d'une guirlande de lanternes vénitiennes, d'un serpent aux anneaux de flamme se tordant et rampant sur les ondulations de la montagne, tantôt il jaillissait comme une éruption de volcan, avec un centre éclatant et un immense panache de fumée rouge, selon qu'il consumait des étendues plantées de taillis ou des bois de haute futaie. Je demeurai six jours dans ce pays flambant, puis je partis par cette route incomparable qui contourne le golfe et va le long des monts, dominée par des forêts, dominant d'autres forêts et des sables sans fin, des sables d'or que baignent les flots tranquilles de la Méditerranée. Tantôt l'incendie atteignait le chemin. Il fallait sauter de voiture pour écarter les arbres ardents tombés devant nous; tantôt nous allions, au galop des quatre chevaux, entre deux vagues de feu, l'une descendant au fond d'un ravin où coulait un gros torrent, l'autre escaladant jusqu'aux sommets, et rongeant la montagne dont elle mettait à nu la peau roussie. Des côtes incendiées, éteintes et refroidies, semblaient couvertes d'un voile noir, d'un voile de deuil. Parfois nous traversions des contrées encore intactes. Les colons, inquiets, debout sur leurs portes, nous demandaient des nouvelles du feu, comme on s'informait en France, au moment de la guerre allemande, de la marche de l'ennemi.

On apercevait des chacals, des hyènes, des renards, des lièvres, cent animaux différents, fuyant devant le fléau, affolés par l'épouvante de la flamme. Au détour d'un vallon, je vis soudain les cinq fils télégraphiques si chargés d'hirondelles qu'ils ployaient étrangement, formant ainsi, entre chaque poteau, cinq guirlandes d'oiseaux. Mais le cocher fit claquer son grand fouet. Un nuage de bêtes s'envola, s'éparpilla dans l'air; et les gros fils de fer, soulagés tout à coup, bondirent, se détendant comme la corde d'un arc. Ils palpitèrent longtemps encore, agités de longues vibrations qui se calmaient peu à peu.

Mais bientôt nous pénétrâmes dans les gorges du Chabetel-Akhra. Laissant la mer à gauche, on entre dans la montagne entrouverte. Ce passage est un des plus grandioses qu'on puisse voir. La coupure souvent se rétrécit; des pics de granit, nus, rougeâtres, bruns ou bleus, se rapprochent, ne laissant à leur pied qu'un mince passage pour l'eau; et la route n'est plus qu'une étroite corniche taillée dans le roc même, au-dessus du torrent qui roule. L'aspect de cette gorge aride, sauvage et superbe change à tout instant. Les deux murailles qui l'enferment s'élèvent parfois à près de deux mille mètres; et le soleil ne peut pénétrer au fond de ce puits que juste au moment où il passe au-dessus. A l'entrée, de l'autre côté, on arrive au village de Kerrata. Les habitants depuis huit jours regardaient la fumée noire de l'incendie sortir du sombre défilé comme d'une gigantesque cheminée.

Le gouvernement de l'Algérie a prétendu après coup que ce désastre, qu'il aurait pu facilement empêcher avec un peu de prévoyance et d'énergie, ne venait pas des Kabyles. On a dit aussi que les forêts brûlées ne contenaient pas plus de cinquante mille hectares.

Voici d'abord une dépêche du sous-préfet de Philippeville :

"J'ai été informé de Jemmapes par maire et administrateur que toutes les concessions forestières sont anéanties et que le jeu a ravagé tous les douars de la commune mixte, les villages de Gastu, Aïn-Cberchar, le Djendel ont été menacés. A Philippeville, tous les massifs boisés ont brûlé. Stora, Saint-Antoine, Valée, Damrémont, ont failli devenir la proie des flammes. A El-Arrouch, peu de dégâts en dehors de cinq cents hectares brûlés dans les douars des Oulad-Messaoud, Hazabra et El-Ghedir. A Saint-Charles, six cents hectares brûlés environ entre l'Oued-Deb et l'Oued-Goudi, et huit cents hectares au nord-est et au sud-est. Fourrages et gourbis détruits. A Collo mixte et Attia, le feu a tout ravagé. Les concessions Teissier, Lesseps, Levat, Lefebvre, Sider, Bessin, etc., sont détruites en tout ou partie. Plus quarante mille hectares de bois domaniaux. Des fermes, des maisons du Zériban ont été dévorées par les flammes. On compte de nombreuses victimes humaines. Ce matin, nous avons enterré trois zouaves morts victimes de leur dévouement près de Valée. Les dégâts sont incalculables et ne peuvent être évalués même approximativement. Le danger a disparu en grande partie par suite de la destruction de tous les bois. Le vent a aussi changé de direction, et je pense qu'on se rendra maître des derniers foyers, notamment dans les propriétés Besson, de Collo, et à l'Estaya près Robertville. J'ai envoyé hier cent cinquante hommes de troupes à Collo, en réquisitionnant un transatlantique de passage."

Ajoutons à cela les incendies des forêts du Zeramna, du Fil-Fila, du Fendeck, etc. M. Bisern, adjudicataire pour quatorze années des forêts d'El-Milia, a écrit ceci :

"Mon personnel a fait preuve de la plus grande énergie. il s'est exposé très gravement, et par deux fois nous avons pu nous rendre maîtres du feu. C'est en pure perte. Pendant que nous le combattions d'un côté, les Arabes le rallumaient d'un autre, et dans plusieurs endroits différents. "

Voici une lettre d'un propriétaire :

"J'ai l'honneur de vous signaler que, vers le milieu de la nuit de dimanche à lundi, mon fermier Ripeyre, de garde sur ma propriété sise au-dessus du champ de manoeuvre, a vu quatre tentatives d'incendie: dans le terrain communal, à quelques centaines de mètres de ma propriété, une autre au-dessus de Damrémont, et la quatrième au-dessus de Valée. Le vent ayant manqué, le feu n'a pu se propager. Voici une dépêche de Djidjelli: Djidjelli, 23 août, 3 h. 16 du soir. Le feu ravage la concession forestière des Reni-Amram, appartenant à M. Carpentier Edouard, de Djidjelli. La nuit dernière, il a été allumé en vingt endroits différents; un cantonnier, arrivant de la mine de Cavalho, a vu distinctement tous les foyers. Ce matin, presque sous les yeux du caïd Amar-ben-Habilès, de la tribu des Reni-Foughal, le feu a été mis au canton de Mezrech; et un quart d'heure après il prenait sur un autre point du même canton, en sens contraire du vent. Enfin, au même instant, à quatre cents pas du groupe formé par le caïd et une cinquantaine d'Arabes de sa tribu, toujours à l'opposé de la direction du vent, un nouveau foyer d'incendie éclatait. Il est donc de toute évidence que le feu est mis par les populations indigènes, et en exécution d'un mot d'ordre donné. J'ajouterai que, ayant moi-même passé six jours au milieu du pays incendié, j'ai vu, de mes yeux vu, en une seule nuit, le feu jaillir simultanément sur huit points différents, au milieu des bois, à dix kilomètres de toute demeure."

Il est certain que si nous exercions une surveillance active dans 'les tribus, ces désastres, qui se reproduisent tous les quatre ou cinq ans, n'auraient point lieu. Le gouvernement croit avoir fait ce qu'il faut quand il a renouvelé, à l'approche des grandes chaleurs, les instructions concernant l'établissement des postes-vigies institués par l'article 4 de la loi du 17 juillet 1874.

Cet article est ainsi conçu: Les populations indigènes, dans les régions forestières, seront, pendant la période du 1er juillet au 1er novembre, astreintes, sous les pénalités édictées à l'article 8, à un service de surveillance, qui sera réglé par le gouverneur général. On soupçonne les indigènes de vouloir incendier les forêts... et on les leur confie à garder! N'est-ce pas d'une naïveté monumentale?

Cet article sans doute a été ponctuellement exécuté. Chaque indigène était à son poste... Seulement... il a mis le feu.

Un autre article, il est vrai, prescrit une surveillance spéciale exercée par un officier désigné chaque année par le gouverneur général. Cet article ne reçoit jamais ou presque jamais d'exécution. Ajoutons que l'administration forestière, la plus tracassière peut-être des administrations algériennes, fait en général tout ce qu'il faut pour exaspérer les indigènes. Enfin, pour résumer la question de la colonisation, le gouvernement, afin de favoriser l'établissement des Européens, emploie vis-à-vis des Arabes, des moyens absolument iniques. Comment les colons ne suivraient-ils pas un exemple qui concorde si bien avec leurs intérêts? Il faut constater cependant que, depuis quelques années, des hommes fort capables, très experts dans toutes les questions de culture, semblent avoir fait entrer la colonie dans une voie sensiblement meilleure.

L'Algérie devient productive sous les efforts des derniers venus. La population qui se forme ne travaille plus seulement pour des intérêts personnels, mais aussi pour les intérêts français. Il est certain que la terre, entre les mains de ces hommes, donnera ce qu'elle n'aurait jamais donné entre les mains des Arabes; il est certain aussi que la population primitive disparaîtra peu à peu ; il est indubitable que cette disparition sera fort utile à l'Algérie, mais il est révoltant qu'elle ait lieu dans les conditions où elle s'accomplit.

    Guy de Maupassant
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Re : [Béjaia] Feux de Forets
« Répondre #7 le: 31 Août 2007 à 20:13:36 »

voici un texte sur le quel je suis tombé écrit par guy de maupassant

bonne lecture , vous comprendrez que ces incendies ont toujours rythmé la vie de la région
....

L'Algérie devient productive sous les efforts des derniers venus. La population qui se forme ne travaille plus seulement pour des intérêts personnels, mais aussi pour les intérêts français. Il est certain que la terre, entre les mains de ces hommes, donnera ce qu'elle n'aurait jamais donné entre les mains des Arabes; il est certain aussi que la population primitive disparaîtra peu à peu ; il est indubitable que cette disparition sera fort utile à l'Algérie, mais il est révoltant qu'elle ait lieu dans les conditions où elle s'accomplit.

    Guy de Maupassant [/b]

Toujours Mass n ssen ? Non, la c'est dans un contexte précis. Juste après le soulèvement de 1871 avec des incendies voulus. Par qui ?

Sinon je ne sais pas si c'est les vrais propos (voir le texte citer) de Guy de Maupassant ou de son journal "Le Gaulois" ou il était reporter à l'époque mais l'Histoire leur a donnés tort.  Clin d'oeil

Notamment quand ils disent: "il est certain aussi que la population primitive disparaîtra peu à peu ; il est indubitable que cette disparition sera fort utile à l'Algérie"

Pauvres petits êtres qui se croyait instruits, "civilisés" et "civilisateurs". Ils étaient à la fois stupides et aveugles.
Pour ces incendies qui ravagent notre région, il faut se poser toujours la même question: " A qui profite le crime ?"
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Re : [Béjaia] Feux de Forets
« Répondre #8 le: 01 Septembre 2007 à 11:13:43 »

A l'Armée tous le monde le sais y'a pas de doute .
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