Retour au week-end universel
En attendant Godot
L’Algérien, du moins celui qui a l’heur d’avoir un emploi, ne travaille, en fait avec ses homologues dans la quasi-totalité des pays du monde, que trois jours dans la semaine.
Ahurissant ! Décrété par Boumediene depuis 1976 pour des raisons purement idéologiques et sans aucun discernement, cet état de fait constitue pour l’économie algérienne un facteur asphyxiant et surtout inhibiteur de toutes initiatives des investisseurs étrangers. Comment peut-on imaginer des opérateurs étrangers venir investir dans notre pays alors que les conditions les plus élémentaires et minimales pour une activité saine tout au long de la semaine, ne sont pas réunies. Le retour au week-end, universel, une nécessité, voire même une urgence, s’invite à pas feutrés ces derniers jours, dans le débat politique national en sortant du carcan d’une idée taboue notamment depuis la décision inattendue mais surtout vaillante prônée par Metal Steel d’El Hadjar, multinationale indienne, de faire du dimanche et du samedi des jours de repos pour ses employés. L’initiative, la première du genre dans les annales algériennes, a été saluée par Rédha Hamiani, président du FCE.
Cette organisation patronale, forte de son irréfutable enquête sur les importantes pertes aux sein des entreprises étatiques et privées qui se chiffrent en millions de dinars, n’a pas cesser de mener des campagnes de marketing en faveur d’un retour urgent, qui ne serait que salvateur, vers le week-end universel, sinon au repos intermédiaire à savoir le vendredi et samedi.
Les opérateurs intervenant dans la sphère économique nationale, assommés par les pertes que génère une activité tronquée de deux jours ne voient pas comment ils pourraient faire avancer les choses et amortir les pertes dans ce climat à la fois délétère et suffocant. Ce coup de pied dans la fourmilière des idées et des ressorts sclérosés donné par de l’entreprise indienne fera-t-il des émules dans le milieu économique et pourra-t-il trouver une oreille attentive auprès les pouvoirs publics, hésitant et tâtonnant, à ce sujet, à franchir le pas des ronronnements et des louvoiements au détriment d’une logique économique implacable et un ordre mondial rampant.
Rien n’est moins sûr puisque le premier magistrat du pays, assujetti aux jeux d’équilibres et du sérail, donne beausurtout l’impression de marcher sur les plates-bandes du courant dit islamo-conservateur, pour qui le repos jeudi-vendredi fait parties des " constantes identitaires nationales " Dans le milieu démocratique et républicains, le retour au week-end universel est une vieille revendication qui doit trouver son dénouement, si l’Algérie veut se débarrasser de ses clichés moyenâgeux et prétendre concurrencer économiquement ses voisins dont le Maroc et la Tunisie qui ont abandonné le jeudi-vendredi, comme jours de repos, depuis belle lurette. Les résultats de ce virement de cap ne se sont pas fait attendre et les indicateurs macro économiques ne sont plus au rouge.
Cependant, en Algérie, le président de la République, semble ne pas vouloir trancher, du moins dans l’immédiat, la question de peur d’attiser un autre clivage de la société , capable de grincer les dents dans le milieu conservateur, en préférant laisser " le temps au temps " et jouer à l’équilibriste.
Hocine Lamriben
Qcque vous en pensez ??