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Auteur Fil de discussion: [ Decouverte ] Triq Essoultane, Mille Ans apres ...  (Lu 305 fois)
Rastacool
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[ Decouverte ] Triq Essoultane, Mille Ans apres ...
« le: 03 Septembre 2007 à 13:04:57 »

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Rastacool
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Re : [ Decouverte ] Triq Essoultane, Mille Ans apres ...
« Répondre #1 le: 03 Septembre 2007 à 14:13:49 »

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Rastacool
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Re : [ Decouverte ] Triq Essoultane, Mille Ans apres ...
« Répondre #2 le: 03 Septembre 2007 à 14:17:40 »

PHOTO : EL WATAN
Suite de la page 19
Cette ville grouillante, peuplée
d'artisans remarquables, de poètes,
d'architectes, de paysans et de
savants, revient à la vie l'espace d'un
instant fugitif. A notre grand regret,
notre guide est obligé de nous quitter pour
rassembler ses brebis, qui ont profité de la leçon
d'histoire pour s'éparpiller à travers champs.
Notre visite se poursuit plus à l'Est où subsistent
d'importants vestiges du Palais du Manar construiau dessus des gorges de Oued Fredj, à même la
falaise. Devant l'état de total abandon dans lequel
se trouvent ses murs antiques, qui ont traversé les
siècles, on est pris d'un profond malaise. Les pans
de mur qui s'effondrent et les brèches qui se créent
n’ont jamais été restaurés. L'état de ruine des
vestiges rend la visite très dangereuse. Il n'y a,
apparemment, dans tout le Maghreb, que l'Algérie
pour s'offrir le luxe de cracher sur un site classé
patrimoine mondial par l'Unesco dès 1980, pour le
laisser à la merci des prédateurs et des vandales.
Cet abandon de la Qalaâ des Beni Hammad est
révoltant. Partout, des traces de construction et des
vestiges là où l'œil se pose. Les fouilles ont été
apparemment délaissées depuis De Beilié,
l'archéologue français à qui on doit l'essentiel des
connaissances sur la Qalaâ.
Nous n'avons pas le temps de faire le tour du site.
Il nous faut quitter la fournaise du Hodna, avant
l'heure fatidique où le soleil assomme même les
chameaux, en faisant la promesse de revenir un
jour faire plus ample connaissance avec ce haut
lieu de l'histoire. Ne pouvant faire comme les
Hammadites qui, probablement, empruntaient des
sentiers de muletiers en allant droit vers le nord, on
se résout sagement à reprendre l'asphalte vers
M’sila. Thamsilt, comme disent encore les
Kabyles de l'ancienne génération.
DE LA MONTAGNE VERS LA PLAINE
Sur la route de Hammam Dhalaâ, beaucoup de
semi-remorques immatriculés 06. Rien d'étonnant
quand on sait que cette route est celle du ciment.
Des allers et venues qui rappellent les caravanes
qui faisaient ce même chemin, il y a dix siècles.
Les matériaux de construction ont toujours été un
problème épineux. Dans sa fuite vers les rivages
sécurisants de la Kabylie, l'émir Ennacer avait
obligé chaque famille émigrée à transporter au
moins une pierre à chaque voyage, sous peine
d'amende. Après la ville d'El Mhir, il y a le fameux
passage des Portes de Fer. Un détroit stratégique
qui assure, depuis la nuit des temps, le passage de
l'Est vers l'Ouest, de la montagne vers la plaine.
Les Romains l'ont toujours contourné, préférant
passer par Auzia (Sour El Ghozlane) et éviter ainsi
les guet-apens et embuscades des tribus de la
région.Les Portes de Fer ou Détroit des Bibans
s'appelle en réalité Taggurt, (la porte), pluriel :
Tiggura. Il y a deux portes : Tammezyant, la petite
et Tameqrant, la grande. L'appellation actuelle,
que les Français ont reprise, vient de l'arabe Bab et
Bibans. Pour le fer, certains disent que c'est à
cause des mines de fer qu'il y avait dans ces
montagnes. D'autres avancent l'idée que ce sont
les Turcs qui ont donné ce nom à ce passage où ils
ont toujours été obligés de baisser leurs armes et
de payer un péage aux Ath Abbès qui en assuraient
la garde. Nous franchissons ce fameux passage
juste pour la forme puis nous revenons sur nos pas
pour prendre par Bouqtone ; nous franchissons
l'oued du même nom. Cette route mène jusqu'au
plateau de Boni en passant par Ath Rached et
Ferracha. Selon les anciens de la région, c'est cette
route qui a toujours été empruntée pour aboutir à
la Qalaâ des Beni Abbès.
La Qalaâ des Beni Abbès a été bâtie sur le modèle
de celle des Beni Hammad. Position stratégique,
accès difficile, portes gardées et muraille tout
autour. Même le nom du plus haut sommet,
Taqarbouzt, a été copié sur l'original et importé.
Au départ, c'est un Fort hammadite lié à la Qalaâ
des Beni Hammad qui avait pour mission de
garder le fameux passage des Bibans, ainsi que la
vallée de la Soummam. Pendant des siècles, des
troupes stationnées à la Qalaâ se sont relayées
pour assurer le passage des Bibans, jusqu'à ce que
le khalifa Mokrani, dont le fils M’hamed allait
soulever le nord de l'Algérie avec Cheikh Aheddad
en 1871, ouvre définitivement ce passage aux
Français en 1833. A propos de la Qalaâ, certains
historiens, comme Paul Wintzer, affirment que les
Hammadites ont d'abord occupé la Qalaâ des Beni
Abbès qui s'appelait alors la Qalaâ de Ouanougha,
avant de s'installer à Béjaïa. Ceci est très probable,
d'autant plus que lorsque Béjaïa est tombée aux
mains des Espagnols en 1510, les émirs hafsides
de Béjaïa se sont repliés à la Qalaâ des Beni
Abbès.
LA HALTE DE SI MOH U M'HAND
A la Qalaâ des Beni Abbès, nous avons rendezvous
avec Mourad Mebarek, un architecte qui a
fait sa thèse sur l'urbanisme particulier de cette
vieille forteresse. Nous arrivons de nuit à la Qalaâ.
A Tajjmaâth n'Tazaïart, Mourad est en train de
discuter avec quelques amis sous la pleine lune qui
donne un aspect fantasmagorique au paysage de
murs effondrés de l'ancienne capitale des Ath
Abbès. Au bout de deux heures de discussion à
revisiter l'histoire, nous sommes invités à la
maison dite «Akham Gu'Ahchaïchi». C'est une
vieille maison berbère où, mis à part l’électricité,
rien n'a changé depuis plus d'un siècle.
Un véritable musée avec sa cour pavée, asqif,
adaynine, taârichth, ichvouyla et même un
authentique coffre berbère superbement sculpté.
Cette maison, où nous reçoit très gentiment
Menzou Djamel affairé à griller des sardines, a
appartenu à Abderrahim Mokhtar, présumé né en
1882. Ce monsieur, dont un portrait jauni est
accroché à la poutre maîtresse de la maison, avait
pour ami un certain Si Moh U M'hand. Chaque
fois que le célèbre barde partait vers Tunis, il
s'arrêtait à Qalaâ chez son ami Ahchaïchi. On nous
apprend, par ailleurs, qu'une fois, Si Mohand a
séjourné plus d'une année sous ce toit. Comme
quoi, l'histoire a quelques fois de ces clins d'œil.
Mourad nous apprend que ce qui est particulier
avec les maisons de La Qalaâ, est le fait de
posséder trois portes et trois cours qui donnent les
unes sur les autres. Passé le premier
portail, la cour intérieure est réservée
aux khammass et aux gens de
passage, la deuxième porte donne
sur une cour réservée aux invités et
aux amis, alors qu'au-delà de la
troisième et dernière porte, seuls les
membres de la famille y sont admis.
Mourad vit depuis longtemps à
Brême, en Allemagne. Il se définit
d'abord comme Brêmois, puis
comme Kabyle, ensuite comme
Algérien, puis comme Allemand.
Autant dire que culturellement, il a
autant d'entrées que les maisons de
ses aïeux. Les gens de La Qalaâ sont
très hospitaliers et, en général, très
instruits. Aujourd'hui, cette cité qui
fut un jour prospère au point d'être
comparée à Tunis, ne revit plus que
pendant les vacances ou les weekends,
lorsque les familles installées
dans les grandes villes du pays
reviennent au bercail.
La route qui relie Bordj à la Kabylie
par Ighil Ali va bientôt être reclassée
route nationale.
La circulation automobile est
infernale sur une RN26 encombrée
par les poids-lourds. A force de
s'étendre le long de la route, les
agglomérations ont fini par se coller
les unes aux autres. Les portions de
r o u t e v i e rges d ' h a b i t a t i o n s
commencent à se faire de plus en
plus rares. Pourtant la Vallée de la
Soummam n'a été habitée que depuis
la colonisation française et, plus
précisément, après la défaite de
1871, ce qui a permis à la France de
construire les premiers villages
européens comme Tazmalt, Akbou,
Sidi Aïch et El Kseur.
UN VOYAGE DE MILLE ANS
Moulay Ennacer, le fondateur de
Béjaïa a installé des populations sur,
toutes les montagnes qui entourent
son royaume, ainsi que des postes de
vigie sur les points culminants. Ces
vigiles communiquaient entre eux à
l'aide d'un système de miroirs le jour
et de feux la nuit, pour se transmettre
des messages. Un système repris
plus tard, par les sultans de la Qalaâ
des Beni Abbès et même par El
Mokrani. Beaucoup de ces villages,
que l'on voit aujourd'hui sur la rive
sud du Djurdjura, les flancs des
Bibans et des Babors, ont été créés à
l'initiative d'Ennacer et d'El
Mansour. C'est l'une des raisons pour
lesquelles on retrouve aujourd'hui, la
majorité des villages kabyles
occupant des crêtes et des sommets
inexpugnables.
A l'entrée d'El Kseur, nous marquons
une petite halte symbolique à Tiklat.
Chaque jour, des milliers
d'automobilistes passent à quelques
mètres des prodigieux vestiges de
cette ville occupée successivement
par les Berbères puis par les
Romains, ensuite par toutes les
dynasties qui ont eu à régner sur la
région, sans s'arrêter et sans même se
douter de leur existence. Les citernes
romaines, que l'on retrouve
aujourd'hui sur une petite colline qui
surplombe la route, ont souvent servi
de forteresse pour diverses armées, y
compris celle du rebelle Takfarinas,
le célèbre prince berbère qui s'est
soulevé contre Rome en l'an 17 après
J. -C.
Ces citernes, au nombre de 15 et qui
pouvaient renfermer une réserve
d'eau de 15 000 m3, ont souvent
changé de vocation au cours des
siècles. Sur le bas côté de la route, le
maquis a presque complètement
recouvert les ruines de l'antique ville
de Tubusuptu (Tiklat), fondée par
une colonie de vétérans de la légion
romaine sous le règne d'Auguste. Ce
site, qui peut attirer des milliers de
touristes chaque année, s'il était pris
en charge et revalorisé, est,
malheureusement, dans un état
d'abandon total depuis des lustres.
Partis d'Ighil Ali à 7h, il nous faut un
peu plus de trois heures pour rallier
Béjaïa. Après Bir Slam, le puits
antique où les pèlerins faisaient leurs
ablutions avant de partir pour La
Mecque, la ville apparaît adossée au
monumental Gouraya.
Plutôt que d'achever notre périple par
la Porte Sarrasine (Bab El Bahr) qui
servait de porte de sortie vers la mer,
nous choisissons de passer
symboliquement par la vieille ville et
Bab El Fouka, l'une des portes
antiques de l'ancienne cité
hammadite, pour boucler la boucle.
C'est, paraît-il, par cette porte
qu’entrait le sultan. Assis sur son
trône, il faisait face à ceux qui
entraient dans la ville le jour des
foires, des fêtes et de l'arrivée des
caravanes.
La circulation à Béjaïa, en cette fin
de mois d'août, demeure difficile et
les principaux carrefours de la ville
connaissent des embouteillages
homériques. La cité est envahie par
les touristes. La plupart de ces
touristes viennent justement de ces
Hauts-Plateaux de Sétif, Bordj et
M’sila, accomplissant un voyage qui
a débuté il y a mille ans. En effet,
cela fait dix siècles que Béjaïa est
leur port et leur principale porte vers
la mer. D. A.
Triq Essoltane,
un chemin
hautement
historique
et millénaire
Triq Essoltane, mille ans après…
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