Icare
Iwid imaniss
  
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Chers amis, bonjour. Je ne voudrais pas accaparer ce lieu réservé à la poésie, je pensais que Berbere06 allait poster les siennes, mais je constate qu'il m'a abandonné seul... Pourtant, ses traductions et adaptations sont superbes. J'aimerai encore vous vous faire partager quelques autres poèmes (toujours de mon cru) et je reviens sur le sujet de l'exil, car je sais que nos jeunes ne demandent qu'à partir. Je leur trace un petit tableau de quelqu'un qui avait, un certain moment, choisi de partir... A la fin, de son pays de sa ville, de ses amis, des endroits qu'il avait connus... il ne lui reste plus que les rêves.
Bonne lecture.
Rêves
Je m’en vais de sitôt cueillir mes rêves d’enfant, Oubliés par le temps, couverts de ses nuages. Même si j’y vais d’un pas quelque peu hésitant, Je sais bien qu’ils m’attendent depuis déjà longtemps A l’orée de ce voyage. Soyez au rendez-vous, rêves du meilleur âge. Chargée de déboires, mon âme vous attend.
Venez guérir mon cœur fané de nostalgie... Nostalgie des jours purs, d’amour et d’insouciance. Atténuez en moi toute la mélancolie Accaparant le cœur en délire, en folie, Et mon âme à outrance. Rêves, venez à moi effacer mes souffrances, Dans mon exil, je n’ai plus que vous pour amis.
Venez à mon secours en traversant le temps, Souvenirs inaccessibles, combien désirés : Rêves de ma jeunesse ou souvenirs d’enfant, Courses débridées, sous le ciel des printemps, Ou larcins jamais avoués, Prenez ma mémoire, de vos graines tatouée, Survolez mes vallées, semez-la chemin faisant.
Puisez de mes pleurs, arrosez toutes mes plaines, Que puissent y pousser mes espoirs écartelés. Bercez mes montagnes des soupirs de mes peines Et de tous mes rêves frustrés. Dites aux miens que, de mon exil, j’ai récolté Des amas de mépris et des gerbes de haines.
Que ne donnerais-je pour revivre ma terre ! Effacer à jamais la trace de mes départs. Fuites de lâcheté, même sans en avoir l’air, Ce ne sont que de faux départs. Mes jours, suite de rêves menteurs et chimères, M’apprennent à mes dépens que le temps se fait tard.
Les années m’ont entraîné dans leur grand tourbillon, Je ne m’en suis aperçu, pris de ce vertige Que procure la vie de ses jeux de guenon, Qui deviennent vite hantise. Souvenirs flétris et mémoire en confusion, Voilà ce que j’en garde comme un vestige.
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