A ceux qui, quotidiennement, quittent le pays pour tenter l'aventure ailleurs.
Comme le dit si bien Akli D., "c'est pas facile".
Frontières Au-delà des frontières,
S'étouffent les maux...
Les maux,
Au-delà des lèvres scellées,
Deviennent des mots
Silencieux et oppressés,
Apeurés par l'écho de la mort
Tout aussi silencieuse.
"Silence, on tue !"
Reste l'unique écho
Que se renvoient
- Surenchère macabre -
Mes villes et hameaux...
L'unique et glacial écho,
Répercuté par mes montagnes,
Où la neige, absente,
Au brasier cède place.
Au-delà des frontières,
L'asile convoité.
Mais,
Passé les frontières,
L'asile n'est plus doré.
Car,
De l'autre côté des frontières,
Les rêves humides
Restent accrochés
Au souvenir d'une vie...
Comme cet amour déchiqueté
Qui transcende l'exil.
Couteaux à blanc chauffés,
Dansant dans les plaies
De la fausse résignation.
Rêves inachevés,
Amour déchiqueté,
Illusions trahies
Dansent au rythme des journaux télévisés
Qui empêchent tout oubli.
Puis les rêves,
Comme les mots,
Venant à dos de vagues,
De l'autre côté de ces eaux,
Échouent sans écho,
Quand,
Au seuil du suicide,
L'espoir se meurt à petit feu.
Et,
Devant les espoirs écartelés,
Quand le sommeil cède au vertige,
Face aux échos du silence,
Sont comptés, à reculons,
Les soupirs des nuits sans fins,
Car les mots,
A dos de vagues,
Échouent sans écho,
Quand, dans l'attente,
Interminable angoisse,
L'espoir se meurt,
Devant l'insistance
De l'anonyme suicide.
Melun, 2000