doudine et mounir
Invité
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La Kabylie est mon berceau, elle est mon refuge, mon jardin secret, mon intimité, le ventre de ma mère. C'est en Kabylie que la douce envie de pleurer me vient, c'est là que je sens la terre sous mes pieds, c'est là que les rochers ont des visages familiers, que les cailloux des chemins escarpés me saluent et semblent avoir des yeux rieurs. C'est là que les arbres me parlent, que les ruisseaux me murmurent à l'oreille leur tendre mélodie...
Pourtant, vivre en Kabylie n'est pas un projet réaliste pour moi. Quel paradoxe! Comment peut-on s'extasier, chérir, adorer un pays et ne point vouloir y vivre? En effet, pour ne pas piétiner mon jardin secret, ni démolir l'image naive et idyllique de mon enfance, préférant la conserver précieusement dans un coin de mon coeur, j'ai choisi de vivre dans un pays qui ne m'est pas moins chèr ni moins précieux: la France, pays qui est aussi le mien.
Voici quelques phrases empruntées au chanteur kabyle Idir:
"Pourquoi cette impression étrange que mon pays s'éloigne chaque jour un peu plus et me renvoie une image de plus en plus mythique, alors que j'ai toujours dans la tête une valise prête , mais hésitante? De cette question découle une conviction: celle d'être un minoritaire; ici et là-bas... Et en tant que tel, je me sens appartenir à deux pays.L'un m'a enfanté et m' a donné une origine, une histoire, une identité. L'autre m'a adopté et m'a offert un parcours dans lequel je m'exprime totalement. Tel un enfant déchiré par la séparation de ses parents, je suis obsédé par le désir permanent d'établir un pont entre ces deux rives qui me sont chères, étant certain qu'elles ont une identité et une histoire à vivre ensemble."
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