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Forum 2007 de Bgayet - Béjaia - Bougie  |  Le café des Artistes  |  Poésie - Issefra  |  poème : Les nuits de Bougie « sujet précédent | | sujet suivant »
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Auteur Fil de discussion: poème : Les nuits de Bougie  (Lu 4339 fois)
SOFIANE
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poème : Les nuits de Bougie
« le: 28 Août 2008 à 10:24:00 »

Un poème que je dédie à Bougie - ( Poème tiré de mon livre "Un chat est un chat "  Editions Marsa 2003 - (Voir dzlit.free.fr)


Les nuits de Bougie

La rue est déserte, une porte rugit,
Le vide envoûtant des nuits de Bougie.
Nuits sans mouvements, sans bruit et où l’air
Mélange son parfum à l’iode da la mer.

Le frisson des ramures que love l’alizé,
L’orgueil de l’ipomée pour l’abeille calicée,
Le musc arrogant du galant de nuit,
La cigale qui craquette, la luciole qui luit.

S’entend la mélodie d’un rire velouté
D’une femme romantique, discrète et charmeuse.
Il pleut la mélancolie tombant d’un ciel voûté,
L’ambre et le benjoin sur la cité radieuse.

Piaffant et roucoulant près d’une porte close
Un amoureux transi qui piétine les roses
La  femme s’esclaffe, chaste et puritaine
Vive et sensuelle sans être hautaine

Le mouedden appelle et s’entend tout près,
Un passant se hâte, l’ombre décroît,
Une chatte, sans ombre, se retire assurée
La ville s’endort dans un rêve de soie.

On ferme les yeux pour mieux ressusciter :
- Datus le romain et Saldae du fond des âges*
- Nacer ibn Hamad dans la Casbah l’été
- les tribus fatimides déferlant sur la plage
- Imezayène, toujours, là ou  ils ont été

Nul geste n’aurait ce soir arrachée,
La corde du chalut au port amarré.
La lune traîne, ronde et assagie,
Hésite et s’arrête sur le golfe de Bougie.

* Sous le règne d’Adrien (117-138), le gouverneur de Saldae, Varius Clemens adressa un texte au gouverneur de la Maurétanie Césarienne, texte qui est gravé sur la stèle qui se trouve  face à l’ancienne mairie : « Au nom de la cité splendide et de ses habitants, je te prie seigneur, d’engager le niveleur Nonius Datus, vétéran de la 3eme division Augusta, à venir à Saldae afin d’y terminer son œuvre ».
L'oeuvre, c'était de déterminer le tracé le plus aisé pour amener l'au de Toudja au moyen d'un acqueduc. Datus était un niveleur (géomètre).


« Dernière édition: 04 Septembre 2008 à 03:03:07 par SOFIANE » Journalisée
nesrine
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Re : poème : Les nuits de Bougie
« Répondre #1 le: 08 Avril 2009 à 00:08:01 »



La beauté

Que n’ai-je un pinceau pour peindre la beauté !
peindre  la beauté, la faire reine  et plus belle.
La saisir goutte à goutte, l’étaler sur la toile.
Je l’habillerai de pollen, l'iriserai d’arc-en-ciel
lui chantant la liberté, je lui enlèverai le voile.
 
Par l'appel du minaret par la courbure des dunes,
par la chanson des blés et par le parfum des mots,
quand je ne serai plus que fumée sous la lune,
Je lui dirai ma joie, ma joie et puis mes maux.
 
Je me sens aimé aux pentes de ses tempes
Un geste encore et je moissonnerai dru le vent
Ces ocres aurores de nos oueds qui estompent
Et certains soirs de lune j'ai pleuré souvent.
 
Les rumeurs berbères sous le bleutage du ciel
Ont fixé la beauté et l'ont faite plus belle
Aux spasmes des poètes aux lèvres sans baisers
Elle s’en est revenue pour plaire et s’y coller
Que n’ai-je un pinceau pour peindre la beauté !


de Abderrahmane Zakad
contact : azakaddz@yahoo.fr

« Dernière édition: 18 Octobre 2009 à 08:55:45 par nesrine » Journalisée
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Re : poème : Les nuits de Bougie
« Répondre #2 le: 09 Avril 2009 à 01:49:25 »

Le printemps s'appelle (TAFSUT) ou (Rbiε) mais surtout pas Lekhrif, ce dernier s'appelle l'automne  Grimaçant
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nesrine
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Re : poème : Les nuits de Bougie
« Répondre #3 le: 27 Juin 2009 à 12:38:38 »

PROMENADE  EN FLEURS EN KABYLIE

Peux-tu me rappeler, ami, les fleurs solitaires
Ces plantes éparpillées dans la baie de Béjaia
Celles aussi qui brillent l’automne et où l’air
Eclabousse l’or des corolles au pied du Gouraya.

Voir le vent des solitudes en piedmont des Babors
Et dire avec le ciel, les mots qu’on n’a pas dit
Les tribus véhémentes, telles des fleurs des bords
Les Béni Bimoun, les Oughlis  et les Mezaî

Raconte-moi la Pâquerette ainsi que la Marguerite
Ces fleurs  sans prestance  qui effeuillent les cœurs
C’est le bouquet du pauvre qui en  ornera le gîte
S’ajoutent quelques Soucis pour renforcer l’odeur

Vois là-bas, en Kabylie, la Rose galactique
Immobile sur sa tige, ressemblant à l’oursin
Epineuse et stérile les promeneurs l’évitent
On s’y frotte souvent la prenant pour coussin

N’oublie pas la Violette qui aime tant se cacher
Dans le frais des forêts se tapissant  en trames
Pressée en sirop après avoir été hachée
Elle est pour les pauvres le parfum des dames

Vois la Centaurée, la fleur mythologique     
Qui jonche la rive arquée du golf de Béjaîa
La ‘pullata’, le deuil, à la bordure magique                 
Fleurissant  la baie depuis Sidi Yahia                   
                                                                                                                                   
Oh ! Voilà les Narcisses squattant les pâturages           
Dressant tout d’abord une tête un peu timide                                                           
Aux amateurs de bouquets elles s’offrent à l’arrachage
Pour devenir Nerdjès* depuis les temps numides

L’Iris fuit les curieux préférant l’isolement           
Il se plaît en rocaille ou près des murs écroulés     
Son bleu ou son mauve attirent follement             
Donnant à l’iris de l ‘œil une image papillonnée   

Regarde le Bruyère aux si nombreuses fleurs   
Le Cyclamen d’automne qui aime se cacher     
Aux corolles maghrébines il a partout des sœurs   
Et là-bas le Colchique le poison de Médée                                                                 
                                                                           
Le Laurier qu’on vit naître quand Daphné se transforma
Fuyant Apollon voulant la conquérir
La nymphe des fontaines alors se consola
D’être devenue fleur au lieu que de périr.

Oublierai-je la Pervenche qui aime la fraîcheur
Et l’Astragale vénéneux qu’évitent les ruminants
Enfin  le Genêt  quand l’été se meurt
Après que le Coquelicot ait quitté le printemps.

L’été donc se termine apparaît la Jacinthe
Fleur du bord de mer des dernières floraisons
Au parfum de la Menthe, la Pensée lance sa plainte
L’œillet rouge ou pourpré accapare l’attention.
                                                                                                                                           
Les gens de Bejaia pour les ressusciter
Frottent de leurs mains les garrigues fêlées
De Tichy jusqu’ au cap Bouak usé d’age et de vent
Ils suivent de leurs yeux les signaux et l’air du temps

Toutes ces fleurs, ami, sont beauté et raison
Se succèdent sans fin au fil des saisons
Tout l’argent et tout l’or qui se trouvent dans les coffres
Ne valent pas les trésors que la nature nous offre.

Abderrahamane Zakad,
azakaddz@yahoo.fr

*Nerdjés en rabe = Narcisse


« Dernière édition: 03 Juillet 2009 à 11:11:06 par nesrine » Journalisée
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Re : poème : Les nuits de Bougie
« Répondre #4 le: 17 Octobre 2009 à 21:12:23 »

Grand’mère au marché

Sur la petite place à Béjaia
Au bout de la rue Fatima
Dés le matin déjà
Le marché est joyeux
Bruyant, multicolore
Pêle-mêle étalant
Sur des nattes en raphia
Ses fruits et ses œufs.
Et sur la dalle poussiéreuse
Où traînent des pieds matinaux
Près des poissons bleus   
Qu’une âpre odeur révèle.
On déambule.
Le vieux boucher en blouse
Moustache cappadocienne
A peine a-t-on le temps
Du regard on la caresse
Son sourire s'attise
De distance et de presse
Et déjà dans le cabas
quatre pieds de veau et des abats
Grand 'mère s'offusque
Prend, paye et s'en va
Moi, trottinant à sa main
On traîne dans la foule
On paraphe des  chemins
Un tas d’oranges s’écroule
On  s’attarde près de l’étal
Dans un va et vient banal
Des appels trop pressants
Parfois on  tourne la tête
On soupèse quelques fruits
On pense à nos dinars
Puis on s’éloigne docile
Dans d’insolentes clameurs
Plus loin c’est l’artisanat
Dévergondage de dépouilles
D’objet sans affectation
On déplore tant de rebuts
Même le livre est un déchet
Orphelin, on l’évite, un pêché
Aller au marché, c’est jeter un regard
Non pas un regard de possession
C’est l’art d’une promenade
Seulement pour voir
C’est l’art de ne rien acheter
On traîne pour s'émouvoir
Mais voilà grand'mère abattue
Avec des pieds de veau et des abats

Abderrahmane Zakad
azakaddz@yahoo.fr

poème tiré de " Un chat est un chat
voir www.dzlit.free.fr


« Dernière édition: 18 Octobre 2009 à 09:49:40 par nesrine » Journalisée
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Re : poème : Les nuits de Bougie
« Répondre #5 le: 18 Octobre 2009 à 21:59:15 »


Les femmes

par Abderrahmane Zakad

A nos mères et aux aïeules
A toutes les femmes d’ailleurs
A qui nous devons tout
Je joins ce mot de tendresse
Aux dettes que je m’empresse
De dire pour me libérer

Aux femmes des caravanes
Et à celles de la savane
Toutes celles qui donnent la vie
Aux charmes de la chrysalide
Dans son cocon qui se vide
Et s’envole le papillon.

Aux battements d’une aile qui luit
Dans l’ombre soudain de la nuit
Dans l’agonie du firmament
Tandis qu’un orage pleure
Une vie qui dure une heure
Finit le rêve du papillon

Femmes de musc et de corolles
Dans la fièvre d’un envol
Vous qui donnez du limon
Charriant des millénaires
Dans le cocon des eaux claires
Les vagissements espérés

Après ce bref murmure
Se poursuit une aventure
Des femmes et des papillons.

© Abderrahmane Zakad

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