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Histoire de la ville de Bgayet Béjaia Bougie et sa région


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Culture

Activité Culturelle

L’instruction à l’ intérieur du pays était dispensée dans les mosquées et dans les zaouïa dont certains cheikhs étaient connus pour leur érudition, leurs connaissances parfaites de la grammaire et du droit coranique. La majorité des étudiants, qui terminaient leurs études en ces lieux, retournaient dans leur village pour servir d’imam, professeur et cadi à la fois ; les autres plus audacieux ou plus fortunés, partaient dans les grandes capitales chercher fortune et savoir, mais Bougie, la plus proche, et aussi bien nantie, retenait la majorité d’entre eux. En effet, quand Moulay En Nacer quitta la Kelâa et ses beaux palais, emportant dans ses coffres les objets les plus précieux, et dans sa suite : des professeurs, des poètes, des Imams, des cadis et des muphtis parmi les plus savants, il désira faire de sa nouvelle cité une capitale encore plus brillante par le nombre et la valeur de ses édifices, la qualité de ses artisans et le niveau culturel de ses sujets. Aussi, légua-t-il à ses successeurs et à ses sujets des biens impérissables et des plus précieux qu’ils mirent au service et à la portée de tous.Ils aidèrent les populations voisines à progresser en tous les domaines en leur offrant les plus larges possibilités d’apprentissage auprès de maîtres (artisans, enseignants) encouragés à s’établir à Béjaïa. L’assimilation des techniques et des idées si arides fussent elles ne connut pas d’obstacles majeurs, car, dès que, sorti de son cadre villageois et tribal, dégagé des chaînes traditionnelles, descendu des hautes crêtes isolées et arides, le jeune Kabyle retrouve la plénitude de ses moyens physiques et intellectuels. D’une manière générale, il s’adapte facilement au milieu dans lequel les circonstances l’obligent à vivre. Il assimile aisément les idées et les techniques nouvelles auxquelles souvent il imprime sa personnalité. Chaque époque a laissé à la postérité des œuvres d’hommes qui se sont illustrés en divers domaines : Masinissa, Jughurtha, Hiempsal, Juba Il, Tarek, et tant d’autres, et pour cette époque : Ali Mohamed Zouaoui, Ghobrini Abou Mohamed, Hellal Ben Younès El Ghobrini, Abdellah Ben Youcef El Ghobrini, Abou El Abbas El Ghobrini (tous de la Kabylie du Djurdjura. Cette famille fournit aux Béni-Hammad et aux Béni-Hafs, toute une lignée de cadis), Aoudjhane Soleïman, Mohamed Ben Ibrahim-El Ouaghlissi, Mohamed El Mansour-EI Colli, Omar Ben Abdelmohcine-EI Oudjhani (Akbou), brahim Ben Mimoun (Babor), Ibn Sald Annas de la famille royale des Béni-Hammad. [29]

Les dynasties Hammadites et Hafsides eurent à leur service de nombreux fonctionnaires, magistrats, officiers issus de modestes familles des villages voisins ou de la région (Djurdjura - Biban - Babor). Grâce à eux, et dans une grande proportion, la ville de Bejaia conserva pendant longtemps son auréole de grande capitale musulmane et du Maghreb. Faut dire qu’elle le dut aussi à la présence d’éminents professeurs venus d’Andalousie et d’ailleurs, et de nombreux Walis établis dans la capitale ou dans les environs : Sidi Yahia, Sidi Abdelmalek, Abou Mohamed Ben Abdelmàlek, Abou Abdellah Mohamed Ben Ahmed El Afri El Kelaï, Abou Zakarya El Merdjani El Mosli, Sidi Brahim El Bejaoui, Sidi Aïssa Ben Nacer, Sidi Bouali, etc ...

La chute de la dynastie des Hafsides à Bougie, provoquée par l’invasion espagnole, mit fin à la prospérité de cette ville en tant que centre politique, économique et intellectuel du Maghreb, maîtres et étudiants se dispersèrent dans le pays.

La libération de la ville par les Turcs permit aux transfuges andalous et à un certain nombre de savants de réanimer le flambeau de la civilisation arabo-berbère et de donner, dans une certaine mesure, à la jeunesse locale les moyens de s’élever à un certain niveau intellectuel, mais Bejaia, simple ville du Beylec ne reprit plus l’éclat et le rayonnement d’antan, ni dans ses possibilités économiques, ni dans son rôle intellectuel.

La colonisation française étouffa à jamais les derniers foyers, laissant le soin aux Zaoui d’enseigner, dans des limites précises, des notions générales sur la langue et le droit musulman. Mais elle créa des écoles de langue française où, en dépit d’une réglementation stricte, une élite réussit à émerger et à s’Imposer pour entreprendre avec succès des études supérieures à l’université d’Alger ou dans les universités de France. L’économie, dans sa quasi-totalité détenue par les colons, ne profita qu’à ceux-ci.

Mouloud GAID - Extrait de "HISTOIRE DE BEJAIA ET DE SA REGION" depuis l’antiquité jusqu’a 1954 - Edition MIMOUNI 1976

[29] Consulter le livre de M. Rabah Bounar « Ounouan dirassa » SNED 1970. Il s’agit d’une biographie des personnalités les plus marquantes de Bougie à l’époque des Béni-Hammad.