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Histoire de la ville de Bgayet Béjaia Bougie et sa région


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Economie (1)

Activité Economique 1ère partie

Pays très accidenté et relativement pauvre ; population très dense mais courageuse et laborieuse, hommes et femmes travaillent. Partout, à la maison, dans l’échoppe, au jardin, aux champs, chacun selon ses possibilités produit l’un pour assurer la subsistance familiale, l’autre pour faire prospérer ses affaires. Aussi les marchés hebdomadaires

abondent-ils en tapis du Guergour, couvertures (hanbal) de Zemmoura, tentures des Béni-Oughlis et des Béni-Ourtilane, burnous des Béni-Abbas, étoffes aux couleurs chatoyantes importées d’Alger, de Constantine, de Tlemcen ; épices des Gaouaoua, caroubes, huile et beurre, miel, légumes et fruits, moutons, chèvres, vaches, boeufs, ânes, mulets, etc Les transactions importantes se font le jour du marché. Les commerçants drainent leurs marchandises vers les villes de l’intérieur ou vers le port de Bougie pour l’exportation.

En plus des produits de l’arrière-pays, le commerce local s’enrichit des produits de luxe fabriqués par les artisans Bougiotes : chaussures féminines, étoffes en soie, ustensiles en cuivre, bois de chêne, de noyer et de pin, cuirs tannés de grande qualité, etc ...

Cette activité intense faisait de Béjaia un port international grâce aux transactions avec les puissances étrangères qu’opéraient les Béni-Hammad, puis les Béni-Hafs.

La ville n’avait pas cent ans d’existence quand El Idrissi écrivait : « de nos jours, Bejaia fait partie de l’Afrique moyenne, et est la capitale des Béni-Hammad. Les vaisseaux y abordent, les caravanes y « viennent et c’est un entrepôt de marchandises. Ses habitants sont « riches et plus habile ,dans divers arts et métiers qu’on ne l’est « généralement ailleurs, en sorte que le commerce y est florissant « les marchands de cette ville sont en relation avec ceux de l’Afrique occidentale, ainsi qu’avec ceux du Sahara et de l’Orient ; on y entrepose beaucoup de marchandises de toute espèce. Autour de la ville, sont des plaines cultivées, où l’on recueille du blé, de l’orge et des fruits en abondance. On y construit de gros bâtiments, des navires et des galères,.car les montagnes et les vallées environnantes sont très boisées et produisent de la résine et du goudron d’excellente qualité ; variété de viandes. Dans ce pays, le bétail et les troupeaux réussissent à merveille et les récoltes sont tellement abondantes, longtemps ordinaire, elles excèdenbesoins des consommateurs et qu’elles suffisent dans les années de stérilité. Les habitants de Bougie se livrent à l’exploitation des mines de fer [27] qui donnent de très bon minerai. En un mot, la ville est très industrieuse, c’est un centre de communications très important...

Les premiers traités de commerce avec les négociants Pisans remontent au XI siècle. Marseillais, Génois, Vénitiens et d’autres républiques de l’autre rive de la Méditerranée possédaient des représentants ou consuls à Bougie chargés des transactions avec les particuliers et avec le gouvernement. Les rivalités entre les firmes, si elles favorisaient la concurrence et le choix des partenaires, mettaient parfois le gouvernement en difficulté diplomatique avec les nations des plaignants. Il arrivait aussi que les intéressés se liguaient contre le gouvernement pour imposer leurs conditions. Ainsi en 1138, Gênes s’entendit avec les communes et les seigneurs Marseillais, d’Hyères, de Fréjus et d’Antibes pour la pratique de transactions sans concurrence à Béjaïa, mais ces manoeuvres n’aboutissaient que rarement dans la pratique, étant donné, la rivalité des partenaires et l’esprit mercantile de chacun que le gouvernement savait exploiter à son profit.

Tant que l’Emir de Béjaïa dépendait du sultan de Tunis, les traités signés par ce dernier étaient applicables à Béjaïa, mais depuis que Béjaia s’érigea en principauté autonome, les traités étaient directement signés par l’Emir et n’intéressaient que ses villes.

Mouloud GAID - Extrait de "HISTOIRE DE BEJAIA ET DE SA REGION" depuis l’antiquité jusqu’a 1954 - Edition MIMOUNI 1976

[27] On exploitait :
1) les mines de fer. situées entre Berbacha et les Béni-Slimane
2) les mines de fer des. Béni-Slimane près de Kombita
3) Ies mines de plomb argentifère, chez Ies Béni-Djelil
4) Minerai de cuivre près de Toudja. Recueil des notices et mémoires de la province de Constantine p. 120 ...