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Aménagement dans la wilaya de Béjaïa

Un nouveau plan d’urbanisme intercommunal

Publie le : lundi 21 mai 2007

Le projet d’un nouveau PDAU englobant sept communes vient d’être lancé à Béjaïa. Ce qui revient à dire que le premier, dont l’étude a été réalisée en 1992 à la lumière des dispositions de la loi 90 /29 du 1er décembre 1990 et approuvée par la commission d’urbanisme de la wilaya en 1997, est estimé caduc.

Pour les concepteurs du plan actuel, Axxam, un bureau d’études local, ce qui est déjà devenu l’ancien plan a, primo, montré dans sa mise en pratique « des carences » en matière de relation et d’intercommunalité. Il a été, secundo, élaboré, disent-ils, en période de crise économique d’où « des ambitions dictées par des indicateurs minorants ». S’agissant de première génération de PDAU, troisième argument de dépréciation, les concepteurs et les organismes d’approbation « n’ont pas la main », est-il considéré, vu le caractère nouveau et surtout novateur de cette réglementation, « d’où les réponses imparfaites » aux besoins futuristes qui se voudraient surtout adaptés à une vocation.

Par ailleurs, la vision nationale en qualité d’aménagement est boostée par un optimisme financier qu’expliquent l’embellie en cours et des prévisions revues à la hausse. Elle se traduit par l’apparition de nouveaux paramètres d’intégration : le particularisme, la qualité du cadre de vie, l’optimisation des potentialités touristiques, les types d’industries, la mise à profit du site, l’élimination des ruptures….

La révision, telle que proposée par Axxam, partant donc d’une problématique d’homogénéisation, redessine le PDAU sur une échelle de région. Celle-ci regroupe 7 communes : Béjaïa, Tichy, Boukhelifa, Tala Hamza, Oued Ghir, Toudja et El Kseur. Un territoire de 641 km2. Les avantages de la zone d’étude (le site, le climat, le patrimoine civilisationnel, les ressources hydriques, les possibilités en matière de transport…) imposent la vocation touristique. C’est en tout cas le point nodal qui détermine toute la théorie de l’étude.

La ville de Béjaïa est alors définie en ce sens comme pôle de commandement et les communes limitrophes précédemment citées lui serviront d’hinterland. Le schéma dévoile un aménagement en quatre spécialisations territoriales. Un axe littoral touristique qui va de Bakaro à Tighremt. Un pôle industriel (principalement de la PMU) à El Kseur et dans la ZAC de Toudja, un tissu qui a déjà pris forme et auquel viendront s’ajouter les délocalisations qui devront s’opérer dans la ville de Béjaïa. Une entité mixte sur les deux berges de la Soummam à Tala Hamza et Oued Ghir (habitat, hôtellerie, activité artisanale, marchés de gros, comptoirs de distribution, administrations, complexes sportifs, grandes écoles, bibliothèques et expositions…).

Une zone montagneuse (l’arrière-pays de Tichy, Boukhelifa, Oued Ghir et Toudja) qui recevra des aménagements pour devenir un espace récréatif (avec notamment un renouvellement du parc forestier) et que le programme de soutien à la relance agricole (dans sa partie agriculture de montagne) tractera.

Quelle carte pour le chef-lieu de la wilaya ?

Le pôle de commandement se taille évidemment la part du lion dans le nouveau PDAU. L’objectif est en commune mesure avec une ville chargée de trois millénaires de formants civilisationnels.

Il s’agit d’en faire, selon M. Boutrid, l’architecte conseil du projet, « l’une des portes de l’Algérie sur le monde ». En matière de voirie urbaine d’abord, on projette entre autres une rénovation et un dédoublement des voies des RN 9,12, 24 et 75.

Une rocade Ouest contournant la ville reliera les routes nationales en allant d’Aboudaou à Boukhiama via Sidi Bouderhem. Seront réalisés une voie express sur la rive droite de la Soummam, des trémies sur les carrefours sensibles et d’échangeurs (Mellala et les Quatre Chemins), un tunnel sous le mont Gouraya reliant en 5 mn le port pétrolier à Tazeboujt (sur le littoral-ouest), un boulevard des crêtes, dallage de l’oued Séghir pour en faire un boulevard également, ponts renforçant la relation rive gauche et rive droite de la Soummam…. Les grandes lignes tracées dans les travaux publics sont l’extension de l’aéroport pour la réalisation d’une nouvelle aérogare de standing international, l’extension du port jusqu’à hauteur de l’aéroport, avec une proximité sur la voie ferrée (on prévoit un tracé qui longe la rive droite de la Soummam) création d’une zone mixte de fret.

En matière d’hydraulique, il est prévu la couverture des oueds et des canaux, ouvrage de galeries d’assainissement, le renforcement du réseau d’AEP et la réalisation de 4 stations d’épuration. En matière de tourisme et des services, réaménagement des ZET, de nouvelles entités touristiques sur la côte-ouest, de môles de plaisance, de musées aquatiques et d’aqualands, de parcs de loisirs et développement des capacités et du standing hôtelier. Les transports occupent une place non moins importante dans le futur PDAU : tramway, ascenseurs publics, téléphériques, encouragement du transport public maritime interurbain par l’aménagement d’embarcadères sur tout le littoral, gare intermodale à Ibourassen, ligne de train de banlieue,….

R. Oussada - El Watan du 21 Mai 2007

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