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Béjaïa tourne le dos à Gouraya
Publie le : jeudi 10 août 2006
L’initiative est partie de ce constat quasi unanime que le présent pour le moins quelconque de la ville de Béjaïa jure outrageusement avec son passé lumineux. « Bien que Béjaïa a une histoire millénaire, le citoyen ne trouve nulle part les références historiques de sa personnalité, produit du brassage de plusieurs civilisations méditerranéennes », écrivent entre autres, les fondateurs de l’association Béjaïa-Renaissance dans le préambule accompagnant la présentation de leur projet.
Le groupe, constitué notamment de cadres et de fonctionnaires, dont beaucoup ont eu déjà à activer dans le circuit associatif, ne compte pas seulement œuvrer à redorer le blason terni de l’ancienne capitale Hammadite. Son action veut brasser tous les segments qui font le pouls de la cité en se proposant comme un cadre de réflexion et d’orientation et, pourquoi pas, de pression lorsque le contexte l’exige.
La ville est sale et encombrée, les espaces de détente et de loisirs sont quasiment inexistants, des édifices culturels sont abandonnés..., constatent encore les sociétaires de Béjaïa-Renaissance qui promettent les assises de leur association pour le mois de septembre prochain. L’ambition déclarée du groupe le place devant des défis qui ne sont pas à l’évidence aisés à relever. Le vide sidéral qui caractérise la vie associative locale, la démission des cadres et personnalités qui forment l’élite de la ville et enfin le recul manifeste du civisme sont autant de contraintes qui viennent compromettre tout effort.
Le patrimoine archéologique de l’ancienne Saldae, pour ne parler que de lui, continue à faire les frais d’un désintérêt qui se paye souvent en dégâts irréversibles. Les restes de la muraille Hammadite, les fameuses portes de la ville, les vestiges de l’aqueduc romain..., aucun monument ne semble assez important pour mériter un véritable effort de protection. Les quelques voix qui s’élèvent pour tirer les sonnettes d’alarme, trop isolées et désarmées pour réellement peser, paraissent participer de la coquetterie et du bobo d’intellos pour les tenants de la décision.
Il en est ainsi de la dernière « boulette » de l’APC, dont le premier responsable a « autorisé » une certaine dame à entretenir « bénévolement » le fort Yemma Gouraya. L’on croit ainsi servir les vestiges de la sainte patronne en les confiant aux bons offices d’une personne physique là où la direction du Parc national de Gouraya (PNG) crie au scandale et rappelle que les improvisations de ce type ont déjà profané le site où l’on voit désormais apparaître le carrelage granito, la brique rouge et les bidules clinquants de la clochardisation.
Badis M - El Watan du 8 août 2006
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