bejaiaimmobilier
Le 7 juillet 2008 | Météo : Assayi soleil-nuage min:23 max:31 | Azeka soleil-nuage min:22 max:31 |

Accueil > Revue de presse > Culture

Centenaire de la naissance du cheikh Saddek El-Bjaoui

Publie le : dimanche 23 décembre 2007

Le centenaire de la naissance de l’illustre cheikh Saddek El-Bjaoui (1907/2007), décédé en 1995, sera célébré à l’Université Abderrahmane-Mira (campus de Targa Ouzemmour) les 26, 27 et 28 décembre 2007.

L’illustre maître qui a formé des générations de musiciens et chanteurs, avant et de après l’indépendance de l’Algérie et qui a fondé le Conservatoire de Béjaïa en 1963 aura à titre posthume un hommage grandiose dans la ville qui l’a vu naître, la capitale des Hammadites.

En plus des soirées musicales et artistiques, un nombre impressionnant d’invités d’honneur, entre compagnons du cheikh et anciens élèves ainsi que ceux qui ont réalisé des ouvrages sur son œuvre, sera présent afin de témoigner et même de donner des conférences. Citons le Dr Zahia Dali-Bouchemal qui a réalisé une thèse de doctorat intitulée La poésie populaire bougiote, le cas cheikh Saddek El-Bjaoui, à l’université Paris-Sorbonne (France) en 1997/1998.

Parmi les personnalités culturelles, le centenaire de la naissance du Cheikh Saddek El-Bjaoui sera marqué par la présence de Hadj Mohamed Taher Fergani (Constantine), Cheikh Mohamed El Ghaffour (Nedroma), Abdelkader Bendaâmache (Mostaganem) et bien d’autres.

Les anciens élèves du fondateur de l’une des premières écoles de musique andalouse algériennes ne seront pas oubliées. C’est ainsi que “Yemma Gouraya” accueillera, entre autres, ses enfants tels que Djamel Alam et El Ghazi.

Une pensée aussi aux élèves du cheikh, disparus eux aussi : pour ceux qui ne le savent pas, Youcef Abjaoui, Mokrane Agaoua et Zerrouki Allaoua ont été des élèves du cheikh Saddek El-Bjaoui.

Cette manifestation sera la grande occasion pour faire connaître cheikh Saddek El-Bjaoui maestro méconnu de la majorité sauf d’une certaine élite. Car, il faut le dire, Saddek Bouyahia, musique andalouse, mais aussi un grand formateur, un grand militant aussi. En effet, sa contribution à la révolution avec son ami et compagnon Abdelouaheb Abjaoui (Rachid Baouche) est méconnue des jeunes d’aujourd’hui.

En attendant de revenir en détails sur cheikh Saddek El-Bjaoui, sa vie, son œuvre et surtout son impact sur des générations d’artistes qui ont honoré la capitale des Hammadites et l’Algérie entière, rendez-vous est donné le mercredi 26 décembre 2007 à l’auditorium de l’université de Béjaïa (campus de Targa Ouzemmour).

Kamel Souami - La Dépêche de Kabylie du 23 Décembre 2007


Cheikh Saddek AbjaouiConcernant l’école qu’il a fondée en 1963 à Béjaïa, elle a la particularité de travailler les trois genres de l’andalou dont la sanaâ d’Alger et le malouf de Constantine, et cela au moment où toutes les écoles algériennes sont spécialisées dans un seul genre.

Ils ont dit :

Sid Ali Baba Ahmed : “Je n’ai jamais imaginé qu’il arriverait le jour où l’on rendrait un hommage aussi grandiose à Cheikh Saddek El Bjaoui. Je me souviens de l’année 1964 durant laquelle j’avais créé une troupe musicale au lycée Djamel Eddine El Afghani de Mascara. Mon objectif était de semer une graine d’andalou dans cette ville où cheikh Saddek El Bjaoui m’avait envoyé. Sincèrement, j’ai été ému lorsque j’ai appris que les enseignants de l’Orchestre de Mascara qui s’est produit durant ce centenaire étaient mes élèves.

Ce qui prouve qu’il y a eu continuité. Ensuite, après Mascara, deux ans plus tard, Cheikh Saddek El Bjaoui m’avait envoyé à Oran et, à partir de Béjaïa, il m’envoyait le programme des activités que je devais faire. Donc, notre maître avait contribué au développement de notre patrimoine culturel à travers toute l’Algérie, et cela, en envoyant ses élèves un peu partout.

Concernant l’école qu’il a fondée en 1963 à Béjaïa, elle a la particularité de travailler les trois genres de l’andalou : la sanaâ d’Alger et le malouf de Constantine, et cela, au moment où toutes les écoles algériennes sont spécialisées en un seul genre. J’aimerais profiter de cette occasion pour répondre aux mauvaises langues qui prétendent que cheikh Saddek El Bjaoui avait renié ses origines alors que, non seulement il était très attaché au royaume des coucous (village de l’exMichelet en Kabylie), mais à ce jour, ses enfants s’y rendent au moins une fois par an. De plus, Cheikh Saddek El Bjaoui était aussi un enfant du peuple et le flambeau de la musique andalouse en Algérie. Quant à sa ville natale, Béjaïa, elle peut se vanter d’avoir assuré la relève grâce au travail de base des anciens”.

Cheikh El Mouhoub Chenna : “Cheikh Saddek El Bjaoui était quelqu’un d’aimable et de compréhensif avec ses élèves musiciens. Mais, quand il s’agissait de travailler, il était strict et sévère.

De plus, il accordait la priorité à l’éducation et aux études de ses élèves qu’il considérait comme ses enfants. Enfin, je tiens à signaler que Cheikh Saddel El Bjaoui n’a jamais fait de discrimination et a donné à tous ses élèves leur chance, chacun à tour de rôle”.

Sid Ahmed Serri : “Dès que j’ai été informé de la célébration du centenaire de la naissance de cheikh Saddek El Bjaoui, je n’ai pas hésité à répondre présent, car j’attendais un évènement grandiose de ce genre depuis longtemps.

Durant ces trois jours, en plus des anciens élèves du maître qui lui ont rendu hommage, j’ai été émerveillé par le niveau de la relève, en particulier l’actuelle association de Béjaïa, à sa tête M’hamed Raïs.

Ce dernier porte un lourd fardeau, celui de tenir le flambeau de la continuité et transmettre ses connaissances à la génération à venir afin de préserver ce patrimoine plein de richesses”.

Kamel Souami - La Dépêche de Kabylie du 30/12/2007


Cheikh Saddek AbjaouiUne célébration digne

Ce que l’on doit retenir de la célébration du centenaire de la naissance de Cheikh Saddek El Bjaoui, qui s’est déroulée à l’université de Béjaïa du 26 au 28 décembre 2007, c’est que la manifestation a été une totale réussite, cela, même si l’absence du Dr Zahia Dali-Bouchemal et de Hadj Mohamed Tahar Fergani a été remarquée. Rachid Baouche et Cheikh El Ghaffour, quant à eux, ont été contraints de s’absenter durant la dernière soirée pour des raisons familiales pour le premier cité et de la terrible nouvelle pour le second, à savoir, le décès d’un violoniste de l’orchestre de Nédroma. Pour revenir au centenaire de la naissance de Cheikh Saddek El Bjaoui, c’est son fils cadet, (Rochdy Bouyahia), président de l’association culturelle Ahbab Cheikh Saddek El Bjaoui (ACACSB) qui a ouvert la grandiose manifestation, juste avant la représentation de l’orchestre andalou de l’ACACSB avec (Sofia Funas, Yasmine Bouyahia, Slimane Rekam et Rachid Bencheikh ).

Pour cette première soirée, les invités d’honneur présents étaient : Cheikh El Ghaffour (Nédroma), Cheikh Kaddour Dersouni (Constantine) Abdelkader Bendaâmèche (Mostaghanem), Nasreddine Baghdadi (Tlemcen) sans compter les bougiotes : Sid-Ali Baba Ahmed, Mohamed Triki - Yamani, Djamil Aïssani et Mohamed Messaoudi.

Par ailleurs, une exposition de photos et d’articles de presse s’est tenu dans le hall de l’auditorium de l’université de Béjaïa durant les trois jours de la manifestation. Jeudi, la deuxième journée a débuté par des conférences ayant pour thème « Vie et oeuvre de Cheikh Saddek El Bjaoui » présentées par le Dr Mourad Guellil, président de l’association musicale « El-Assala El-Andaloussia » d’Oran, puis par Fatah Imloul, chercheur et musicologue de l’ACACSB. Le Dr Zahia Dali-Bouchemal n’ayant pu se déplacer à Béjaïa, sa thèse de doctorat intitulée “La poésie populaire bougiote, le cas Cheikh Saddek El Bjaoui” a été lue par Yacine Boudraâ. La projection d’un documentaire data show et entretiens sur la vie du Cheikh a également eu lieu. Durant la soirée, les festivités ont débuté par l’orchestre andalou « El-Rachidia » de Mascara, puis celui d’Oran (Al-Mansoura) qui a accompagné Leïla Benm’rah, Réda Doumaz, style chaâbi d’Alger, et enfin, Abdelkader Stambouli et Kherbeche accompagnés par l’orchestre de l’ACACSB.

Les invités d’honneur de cette deuxième soirée se nommaient : Sid-Ahmed Serri (Alger), Réda Bestandji (Alger), M’hamed Ferhat (Alger), Cheikh Mouhoub Chenna (le doyen de l’ACACSB), Mokrane Agaoua (Tizi Ouzou), M’Hamed Messaoudi (Béjaïa) et l’un des fils de Cheikh Saddek El Bjaoui, Réda Bouyahia. Notons qu’une distribution de diplômes d’honneur a eu lieu pour clôturer cette deuxième soirée. La troisième et dernière journée, vendredi a vu la distribution de cadeaux, avant les représentations des deux orchestres de l’ACACSB (andalou et chaâbi), qui ont accompagné M’hamed Raïs et Amar Rabet (ancien élève du Cheikh établi actuellement à Alger) ce dernier a interprété une qacida de Sidi Lakhdar Benkhlou. Pour clôturer le centenaire de la naissance de Cheikh Saddek El Bjaoui, la parole a été donnée aux participants et aux invités lesquels, en plus des témoignages, ont fait le bilan de cette grandiose manifestation.

Il était près de une heure du matin, lorsque le public a quitté l’auditorium du campus de Targa Ouzemour.

Les héritiers de l’illustre maître n’ont pu retenir leurs larmes tant ils étaient émus. Cheikh Saddek El Bjaoui qui aurait eu 100 ans le 17 décembre 2007 a aujourd’hui trois fils (Réda, Djemil et Rochdy) et deux filles (Fadila et Badiaâ).

Kamel Souami - La Dépêche de Kabylie du 03 Janvier 2008

Imprimer cet article cet article en Pdf Envoyer cet article
[Haut]