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Béjaïa : les saints de la ville

Gouraya et ses pairs, les remparts protecteurs de la cité

Publie le : dimanche 9 décembre 2007

L’wali, sidi, baba, lalla, djida… quel que soit son qualifificatif, ils restent tous et pour longtemps les saints vénérés de la ville. A Béjaïa, plus d’une centaine y sont répertoriés, une trentaine uniquement pour le chef-lieu. Ils sont tous vénérés, visités, sanctifiés. Des visites (ziarates), des offrandes (waâdates), des veillées (tabwitates), des sacrifices et immolations (dbiha) sont organisées à longueur de l’année. Nombreux sont les visiteurs, ceux de la ville, ceux des villes avoisinantes et même ceux de l’étranger qui viennent visiter les mausolées (qobas et tombeaux).

Ces visites rituelles sont des rendez-vous et des rencontre à l’occasion notamment lors des grandes fêtes de l’Achoura et du Mouloud. C’est l’occasion pour la communauté de se rassembler. Mais, c’est aussi de grands moments de ressourcement, de méditation et d’oubli des affres de la vie, pour s’adonner lorsque c’est le cas à des transes (djdib) synonyme d’une ascension et communion avec ces maîtres et saints, vers la voie du Seigneur.

Certains y viennent implorer grâce, pardon… d’autres atteints par de maux divers (sorcellerie (shour) ou l’emprise de djin) cherchent à s’en libérer à travers des guérisons.

D’autres viennent demander au Saint, généralement des femmes de se trouver un époux ou des couples de pouvoir procréer des enfants…. Nombreux ceux qui ont été satisfaits et leurs demandes exhaussés. « On entend sans cesse que untel est guéri, qu’une autre s’est mariée ou une autre a pu avoir un enfant… » C’est à travers ces échos que ces lieux se maintiennent et sont toujours bondés de fidèles. A Béjaïa pour y revenir, ces saints sont nombreux, ils ne sont pas tous connus, certains ont été oubliés mais point effacés de la mémoire collective, car leurs tombeaux en témoignent de leurs existences, mais certains en sont visités plus que d’autres, les plus célèbres ont leurs histoires.

Gouraya la gardienne de la ville a une place privilégié du haut de sa montagne haute de plus de 600 mètres. Trop longtemps restée un simple mythe qu’on confond avec roc. Aujourd’hui, on peut dire que cette belle et rebelle guerrière sollicita Baba Aroudj pour combattre l’invasion espagnole est une réalité incontournable. Elle n’est pas non plus cette fille de Ahmed Raïs, son mausolée et tombeau ont été vérifiés sur les plans de l’architecte français Lemercier et sont bien implantés au niveau du fort Gouraya où elle trône pour l’éternelle en sainte de la ville. Ses s½urs au nombre de quatre, Lalla Timezrit est enterrée à la ville dont elle a donné le nom, lalla Djoua à Oued Ghir, lalla Yamna à Gouraya même, quant à lalla ou Djida Mezghita son fief est à Jijel. Sidi Abdelhak reconnu pour sa justesse est celui qui a catégoriquement refusé et au péril même de sa vie de se soumettre aux injonctions du sultan prononcer une fetwa injuste.

Sidi Touati, c’est cet initiateur d’une université, la première que Béjaïa connu qui compta dès lors 3 000 étudiants. R’djal Sebaâ (les 7 hommes) ont été sanctifié par la population en raison de leur bravoure et sacrifice pour avoir réussi à se frayer un passage pour libérer le fort Boyard lors d’une bataille. Un fort qui porte désormais le nom de Bordj Moussa, nom de leur chef. Beaucoup d’autres, tel que Sidi Abdelkader, désigné par le saint de la mer. Sidi M’hand Amokrane eût des missions guerrières d’ambassadeur… mais nombreux sont ceux, dont on ignore leur passé mais qui font l’unanimité parmi les populations. Sidi Aïssa, Baba Fessian, Sidi Soufi, Sidi El-Mouhoub, Sidi Ali Labhar, Sidi Keroui, Sidi Bouderham, Sidi Aïssa, Sidi Laazib Oumâmar… Plus d’une trentaine peuplent la ville de Béjaïa, et la protègent. Baraka de plus en plus réclamée par une population profondément croyante, conservatrice et fidèle à une tradition bien maintenue. Qui ressurgit avec force. Ces lieux quelque peu déviés font actuellement objet d’un détournement de leur fonctions originelles. Ils sont les proies de certains esprits malveillants desquels il faut se méfier. La propreté est également le point faible, et l’un des inconvénients qu’il y a lieu de lever à travers les désignations d’agents à leur exclusifs services pour le nettoiement et le gardiennage.

B.M. -O. La nouvelle République du 09/12/2007

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