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Tazmalt
L’onomastique berbère s’enrichit
Publie le : dimanche 11 juin 2006
Aghilès, Thiziri, Tilelli, Amayas, Massinissa, Azwaw.... sont les nouveaux prénoms qui font une apparition en force, ces derniers temps, dans la plupart des listes scolaires. Un phénomène inexistant il y a seulement quelques années à cause de la chape de plomb imposée par les services de l’état civil. En effet, pour donner le prénom de son choix à un nouveau-né, il fallait emprunter un véritable parcours de combattant. Des listes officielles toutes prêtes existaient au niveau des APC. L’heureux papa n’avait donc qu’un choix réduit et “conforme aux valeurs arabo-islamiques”, sinon rien ! Tout ce qui rappelle notre passé berbère n’était pas admis. C’est le cas du petit Syphax qui a ouvert les yeux, dans la région des Aurès, sur un interdit : celui de porter son nom. L’acharnement du pouvoir sur la falsification de l’histoire ne s’arrête pas là. N’a-t-il pas transformé les toponymes, les hydronymes, les antroponymes pour leur donner une connotation arabe ? Souvenez-vous du fameux Amin El Uqqal pour Amnokal, c’est-à-dire chef de tribu en targui. Tous les Ath sont systèmatiquement transformés en Béni ou Oulad. Ath Mlikèche devient Béni Mellikèche, Ath Abbas Béni Abbas... Ces rivières : assif en oued, Assif Abbas devient oued Soummam, Asif Uguentour, oued Béni Mlikèche et la liste est loin d’être exhaustive. Le plus grave encore est que les responsables locaux non seulement n’ont rien fait pour essayer de mettre fin à la situation mais ont fait pire. Certains d’entre-eux baptisent les nouvelles cités ou quartiers... en arabe. A Tazmalt, par exemple, pour ne citer qu’elle, deux cités portent des noms étranges et étrangers à la société : Haï Ech Chamal (cité du nord) et Haï Maâdoumin (cité des 14 fusillés). Alors, à quand la réappropriation de notre patrimoine culturel ?
Achiou Lahlou - La Dépêche de Kabylie 11 Juin 2006
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