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Un métier longtemps délaissé par les artisans
La canne d’Ath Ouelhadj réhabilitée
Publie le : mardi 27 septembre 2005
La dégradation de la situation socio-économique, ces dernières années, a poussé plus d’un à reprendre quelques métiers traditionnels abandonnés depuis belle lurette. À Ath Ouelhadj, c’est la fabrication de la canne qui revit.
Si certains citoyens ont choisi ce retour aux travaux manuels initiés par les anciens, c’est certainement pour subvenir aux besoins de leur famille. Pour certains, c’est cultiver et défricher leur terre, l’une des activités de ce quotidien dur à vivre, notamment dans les zones rurales où n’existe aucune autre activité, aussi minime soit-elle, pouvant les sortir de cette misère rampante. Pour d’autres, ils se sont entièrement reconvertis aux arts traditionnels. À Aït Yahia Moussa, nous avons appris qu’au village d’Ath Ouelhadj, beaucoup de jeunes participent à la fabrication de la canne (thaâkazth). Effectivement, ce métier ancien, gardant toujours les marques du passé, a été développé. Géographiquement, ce village, à l’instar d’Iaâllalen qui a vu naître l’un des héros de la Révolution en l’occurrence le colonel Krim Belkacem, est entouré d’un massif forestier des plus boisés de la Kabylie. Et c’est peut-être là un atout pour le développement de la transformation du bois. Arrivé au village, notre accompagnateur nous guide directement vers une place où se regroupent ces artisans : place des Vanniers. “Certes, je n’ai pas choisi ce métier. Mais avec le temps, situation oblige, je me suis habitué à le faire”, a commencé par nous dire l’un d’eux. Et d’enchaîner : “C’est pénible comme travail. Cela nécessite d’abord beaucoup d’efforts, ensuite énormément de patience. Il faut couper le bois dans la forêt, en bravant tous les dangers. Façonner des piquets pour leur donner une forme n’est pas aussi facile qu’on le pense. C’est la manière la plus traditionnelle que nous utilisons pour fabriquer la canne d’Ath Ouelhadj, avec toutes ses caractéristiques. Car, personne ne veut la déformer.” Interrogé sur les particularités de cette canne, notre interlocuteur nous explique : “D’abord, on ne lésine pas sur le bois utilisé. C’est de l’olivier sauvage pur. Car la matière compte beaucoup dans le façonnage. La canne d’Ath Ouelhadj est souple et légère. Et quand on lui ajoute toute cette décoration, elle devient parfaite.” Au cours de notre discussion avec ces artisans non reconnus, nous avons pu savoir que thaâkazth n’Ath Ouelhadj est prisée dans tous les marchés, notamment ceux de M’sila. D’ailleurs, chaque vendredi, des camionnettes chargées de fagots de cannes et autres objets, tels les manches à balai ou encore des manches à pelle, prennent la destination de tous ces marchés de l’intérieur du pays. D’autres personnes de ce milieu nous ont appris que certains émigrés ont pu introduire ces cannes hors de nos frontières. Eu égard au développement de cette activité et de son importance, les jeunes du village comptent s’organiser en association pour demander sa reconnaissance en tant qu’art par la Chambre des arts et métiers de la wilaya de Tizi Ouzou. Fête de la poterie à Maâtkas, Fête du tapis à Ath Hichem, Fête du bijou à Ath Yenni... À quand le Salon de la canne et autres produits dérivés du bois, à Ath Ouelhadj ?
O. GhilÈs - Liberté du 27/09/2005
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