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Mais que se passe-t-il à l’aéroport ?
Publie le : samedi 10 juillet 2004
Déjà ébranlé depuis plusieurs mois et notamment après que le scandale eut été révélé au grand jour, des billets d’accès revendus illégalement aux vieux retraités à 350 euros la pièce, l’escale Soummam Abane- Ramdane vit une autre semaine des plus agitées de cet été, suite à une altercation qui serait commise par le premier responsable régional d’Air Algérie sur la personne du chauffeur de la compagnie nationale et ce, devant une salle archicomble de passagers. De sources officielles, le délégué en question a été entendu il y a quelques jours par la police des frontières au niveau de l’aéroport après dépôt de plainte de la victime. Nous avons appris de sources sûres qu’une commission d’enquête diligentée à partir d’Alger par la direction tutelle atterrira dans les heures qui viennent dans la capitale des Hammadites dans le but d’établir un rapport détaillé de cet incident. Djamel D., âgé de 46 ans, chauffeur au niveau de la délégation régionale d’Air Algérie ne veut rien entendre et n’a nullement l’intention de pardonner à son directeur qui l’aurait tabassé devant des dizaines de voyageurs en cette journée du dimanche 4 juillet : “J’en ai ras le bol de sa dictature et de ses menaces quotidiennes, j’irai jusqu’au bout, il y a une justice dans ce bled je pense”, nous dira la victime. Le chauffeur en question est père de deux enfants, exerçant depuis une dizaine d’années, et toujours selon ses dires : “La fureur du délégué est injustifiable, il m’a pris à partie devant des centaines de passagers, parce qu’il m’a reproché de ne pas déposer la femme de ménage à temps. Ce n’est qu’une excuse, il savait que j’étais occupé par le transport des deux équipages sur place, ordre reçu par mon responsable direct en l’occurrence le chef d’escale.” Le chauffeur a immédiatement déposé plainte au niveau du commissariat de l’aérogare après avoir établi un certificat médical de circonstance à l’hôpital Khellil- Amrane. L’affaire risque de révéler encore plus de “surprises” si des agents de l’escale viennent à témoigner des “irrégularités” qui dominent l’espace aéroportuaire de Béjaïa depuis quelques années. Pour rappel deux agents d’Air Algérie ont payé cher leur “naïveté”, ces derniers qui ne seraient que des boucs émissaires suite au scandale de la billetterie illégalement revendue aux émigrés, notamment les retraités ayant dépassé leur contrat de séjour en Algérie, ont été suspendu de leurs fonctions. Le délégué mis en cause par des certaines langues est sorti indemne de cette affaire du fait qu’aucune infraction directe ne lui a été reprochée par les enquêteurs. Nous nous sommes rendus hier dans l’après-midi à l’escale de Béjaïa, afin de recueillir les explications du premier responsable d’Air Algérie mis en cause dans cette affaire ; celui-ci niera tous les faits et en bloc : “Je n’ai ni l’âge ni reçu cette éducation de tabasser un de mes employés. Si je dois le punir j’ai d’autres moyens de le faire. Ce type est fou et c’est tout ce que j’ai à vous dire.” Notons que la délégation d’Air Algérie à Béjaïa ainsi que son agence commerciale saccagées depuis les tragiques évènements du Printemps noir de 2001 n’ont connu aucun réaménagement par rapport aux autres administrations incendiées lors des manifestions, à titre d’exemple celle de l’ENTMV, le Trésor et la SAA. La délégation aurait “usé” de toutes ses prérogatives de ne pas quitter les bureaux qu’elle a occupés depuis les évènements dans l’enceinte de l’aéroport. Il est difficile actuellement de reconnaître qui est qui dans cette escale, sinon comment expliquer qu’un délégué de la compagnie accède en toute priorité dans des avions talkie-walkie en main, alors que le véritable chef d’escale est mis en veilleuse dans les bureaux ? Kamel Gaci - le soir d’algerie du 10/07/2004
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