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La COGB en tête de peloton

Plusieurs entreprises en voie de disparition à Béjaïa

Publie le : lundi 12 juillet 2004

Dans un point de presse tenu en son siège la semaine dernière, l’Union de wilaya (UW) de l’UGTA de Béjaïa a tiré la sonnette d’alarme sur « la situation de faillite et d’asphyxie du secteur économique étatique dans la wilaya de Béjaïa », a déclaré à un confrère, M. Mouloudji, secrétaire général de l’UW de Béjaïa. En effet, plusieurs entreprises publiques sont sur le point de mettre la clé sous le paillasson dont l’ESTVB de Béjaïa, l’Ecotral d’El Kseur, l’Alcofased, la Sentex, l’Eriad de Kherrata et la COGB. Concernant cette dernière, dont des cadres et des syndicalistes ont prévu la banqueroute de l’ENCG depuis 1999 déjà et n’ont pas cessé de dénoncer par une série de dépôts de plainte et par voie de presse « la stratégie de démantèlement du groupe ENCG par son président », dont les conséquences ne sont plus à démontrer et quelque 800 travailleurs sont au chômage technique depuis presque trois mois, faute d’approvisionnement en matières premières. Le premier à avoir dénoncé la banqueroute actuelle du groupe n’est autre que l’ex-PDG, Attil Athmane (lire notre article du 31 décembre 2003) qui a été révoqué « sur la base de dénonciations calomnieuses et dont le parquet s’en est saisi en procédant à l’ouverture d’une instruction qui a abouti à un non-lieu », lit-on dans un rapport rédigé par cet ex-PDG à l’intention des pouvoirs publics. Et pour avoir refusé de suivre une démarche dont les résultats négatifs ne sont plus à démontrer, ce cadre a perdu son emploi et n’ouvre même pas droit à une retraite ou au remboursement des frais médicaux. M. Attil accuse sans ambages le président du groupe ENCG « d’exercer une gestion de fait sur les entreprises, une infraction prévue et punie par la loi », écrit-il dans son rapport. Cette gestion de fait « lui a donné (au président du groupe, ndlr) un pouvoir sur le plan financier dont il a usé pour bloquer l’approvisionnement en matières premières d’où les difficultés de maintenir l’outil de production par suite de créances irrécouvrables dont le montant s’élève à plusieurs milliards de dinars », a déclaré cet ex-cadre de la COGB qui n’épargne pas non plus les responsables des instances exécutives de l’UGTA qu’il accuse d’être « les relais et les complices actifs du président du groupe ». D’ailleurs, on se demande pourquoi l’UW a choisi sa sortie médiatique en 2004 alors que les dénonciations de cette banqueroute datent de 1999. En outre, des syndicalistes de la COGB, qui ont eu le courage de dénoncer à temps les dérives du groupe, ont été écartés des instances syndicales. Le cas le plus édifiant est celui de Chouaâ Farid qui, en 2002, a dressé un volumineux rapport en sa qualité de syndicaliste, membre du comité de participation, contrôleur de gestion et membre du conseil d’administration. Cet important groupe, qui représente pas moins de 5 filiales (Béjaïa, Annaba, Oran et Alger), est en butte à des difficultés financières et traîne aujourd’hui d’importantes dettes, alors qu’il jouissait jusqu’à l’année 2000 d’une aisance financière avec des bénéfices ayant atteint les 90 milliards de centimes. Pendant que des voix s’élèvent à Maghnia et à Béjaïa pour dénoncer cette débâcle et alors que le groupe connaissait une décadence et une dégringolade financière, les responsables du groupe ENCG, à coups de communiqués de presse, récusent et qualifient les dénonciations de « campagne de déstabilisation ». Et en moins d’une année, le groupe a accumulé « un déficit de 70 milliards de centimes, un découvert bancaire de 800 millions de milliards, une dette non-recouvrable de 500 milliards et 400 milliards de centimes de créances douteuses », nous a déclaré un cadre de la COGB. Par ailleurs, selon un rapport du P-DG de la filiale de Maghnia, en date du 2 août 2003, il est rapporté que « les filiales d’Alger, Oran et Annaba enregistrent respectivement 800 000 000 DA, 300 000 000 DA et 100 000 000 DA de déficit pour l’exercice 2002 ». « De par ces décisions, toutes les filiales risquent la faillite dans les prochains mois », ajoute-t-il. En outre, dans son rapport, le P-DG de Maghnia accuse le président du groupe ENCG d’être l’associé d’un client : « Avec les crédits de la filiale, ils (le président du groupe et le client, ndlr) ont créé plusieurs affaires, font l’élevage d’un cheptel de plusieurs milliers de têtes à la zone frontalière de Sidi Djilali - Tlemcen ». En effet, cette débâcle est telle qu’en janvier 2003, « deux bateaux transportant 600 tonnes d’huile brute, destinée à l’entreprise, sont restés en rade durant 17 jours au port de Béjaïa, faute de crédit de recouvrement ». Y a-t-il réellement une stratégie pour casser le groupe ENCG dans la mesure où la mauvaise gestion et les résultats catastrophiques ne touchent pas seulement une filiale mais s’étendent à l’ensemble des filiales performantes ? Par ailleurs, outre la COGB, le fait que d’autres entreprises menacées de disparition de la scène économique laissent penser que la prochaine rentrée sociale risque d’être houleuse et la bipartite UGTA-gouvernement prévue pour le mois de septembre prochain ne sera certainement pas, comme d’habitude, de tout repos, d’autant plus qu’à Béjaïa, l’heure est à la mobilisation des travailleurs pour une riposte. « Nous exercerons toutes les pressions possibles pour sauver l’outil de travail et l’avenir de nos familles », nous ont déclaré plusieurs syndicalistes de ces entreprises en difficultés. Ceci étant, et côté chômage, la future création de deux millions d’emplois que projette le gouvernement Ouyahia peut-elle avoir du crédit quand ces mêmes chômeurs voient les usines où travaillent leurs parents sur le point de fermer ? Boudraâ Zakari-Mahrez - Le Matin du 11-07-2004

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