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Prise en charge sociale à Béjaïa
7 infrastructures et des insuffisances
Publie le : mardi 18 juillet 2006
El Khemis, quartier populaire à Béjaïa, il était 1h30 du matin en cette chaude nuit du mercredi 12 juillet 2006, les rues sont étrangement désertes pour une ville touristique. Un homme, la cinquantaine, attend impatiemment devant une boulangerie la sortie des poubelles pour en tirer de quoi manger, dit-il, à l’instar de beaucoup d’autres “repérés” aux différents coins de la ville. Ce geste de survie est apparemment un rituel pour cet homme, oublié des dieux. Notre accompagnateur, un taxieur de nuit, nous montre également du doigt des hommes, mais aussi des femmes accompagnés d’enfants en bas d’âge errant du côté de la gare cherchant, en vain, où trouver à manger. “Ils sortent généralement quand les rues se vident. Les poubelles sont alors prises d’assaut”, dira t-il. À la question de savoir qui sont ces gens-là ? Notre interlocuteur martèlera : “À quoi bon savoir d’où ils viennent ou qui ils sont. Le fait est là, des gens à Béjaïa ont faim.” La sentence est terrible quand nous arrivâmes au niveau du rond-point Amriw, où des restaurants sont toujours ouverts et beaucoup de passagers y transitent. Le gérant de l’un de ces restaurants, que nous avons interrogé sur le sujet, nous avoue : “Vous savez, à partir de mi-nuit beaucoup de gens viennent ici et nous supplient pour manger un bout. On tolère deux à trois par nuit, mais pas plus. On n’a pas les moyens. L’État doit faire quelque chose pour ces gens-là. Qu’ils fassent ce qu’ils font durant le mois de Ramadhan. Au fait, où sont ces restos de la rahma ?” s’interroge-t-il. De l’autre côté de la ville, à Ihaddaden, c’est la même désolation. “Généralement, on ne les aperçoit que rarement ici à cause, peut-être, de l’insécurité. Par contre, beaucoup de ces chercheurs de pain s’y rendent devant le portail de l’université”, rétorque notre accompagnateur nocturne. Cette petite sortie nocturne dans les artères de la ville des Hammadites nous renseigne sur cette réalité implacable, des hommes et des femmes cherchent jusqu’au bout de la nuit de quoi se nourrir. En matière de couverture et d’infrastructures, au foyer des personnes âgées à Béjaïa, on y trouve 25 personnes âgées et 5 SDF. Du côté du Croissant-Rouge, le responsable joint par téléphone nous avoue : “l’opération SDF, nous la menons durant les trois mois d’hiver avec la SAS, la Protection civile et la police, mais en dehors de cette période, nous ne pouvons rien faire car nous n’avons pas les moyens sauf en cas de nécessité urgente.” C’est le même son de cloche à l’hospice communal. “De temps en temps quand la police nous ramène des personnes démunies, sinon nous ne pouvons pas héberger tous ces gens qui viennent de partout surtout en cette période d’été.” À noter qu’à Béjaïa, en matière de protection sociale, le secteur dispose de 7 infrastructures pour la prise en charge de cette catégorie sociale, avec une capacité 680 places et un effectif réel de 401 pensionnaires. Par ailleurs, près de 25 000 personnes bénéficient de l’aide sociale de l’État. En 2005, 10 000 ont bénéficié de l’allocation forfait de solidarité et 5 316 autres pour personne à charge. Ils sont 830 à avoir bénéficié de la pension de cécité et 664 personnes âgées infirmes bénéficient de l’aide sociale à raison de 1 000 DA par mois et 3 545 handicapées à 100% bénéficient d’une pension de 3 000 DA.
A. HAMMOUCHE - Liberté du 18 Juillet 2006
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