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Place Sidi Soufi

Un espace à réhabiliter

Publie le : mardi 27 septembre 2005

La placette Sidi Soufi, comme tous les espaces publics de la cité est devenue ce lieu commun, sale, pas accrocheur pour un sou et royaume incontesté dès la nuit tombée d’une valetaille interlope, toujours à l’affût d’un mauvais coup. Hormis les coups portés à l’esthétique d’une mosquée séculaire qui a connu de meilleurs jours, par l’ajonction à la bâtisse principale d’excroissances chefs-d’œuvre de mauvais goût, l’ensemble, mélange harmonieux d’une succession d’arcades d’escaliers interminables conduisant vers les hauteurs de la ville et d’un superbe temple surplombant tours de gué, pans de muraille et deux monumentales portes (Bab El Fouka) recherché pour son environnement calme empreint de sérénité il offre un aspect de décadence avancée. alors que la place et le marché “Philippe” ont été démolis sans que l’on sache ce qui va sortir des décombres alors que le déficit en locaux commerciaux est patent, plusieurs boutiques demeurent désespérément closes sous les fameuses arcades de la placette ajoutant à la morosité des lieux. Quant à l’idée saugrenue d’ériger un jet d’eau en plein milieu de la place, la pilule aurait pu facilement passer s’il ne manquait l’essentiel... l’eau ! les riverains ont beau s’échiner périodiquement pour le maintenir dans un état de propreté acceptable, rien n’y fait : il s’apparente de plus en plus à une décharge. Autre problème, et non des moindres le stationnement anarchique des véhicules. Outre le fait qu’une place publique n’est pas un parking, la présence des quatre roues à toute heure de la journée denote le laisser-aller des pouvoirs publics qui décidément ne seront jamais en phase avec les citoyens. La reconquête des espaces publics de l’agora n’est pas une mince affaire dès lors qu’elle heurte de front l’ego et les intérêts des édiles et assimilés. Au fait, question à deux douros : combien a coûté l’espèce de mocheté, mal finie et dont on se demande si elle finira un jour par fonctionner ? “Il s’agit du jet d’eau !” L’impératif de l’heure est d’arrêter les frais, et la réhabilitation de ce haut lieu du vieux Bougie est à ce prix.

RT - La Dépêche de Kabylie du 27/09/2005

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